Mon voyage de Douai à Lille en 1798.

« Retour vers le futur » c’est la nouvelle tendance des réseaux sociaux de généalogie. L’exercice m’intéresse malgré un manque de talent d’écrivain. J’espère l’avoir compensé par le niveau de documentation du récit. Les sources sont citées. Me voilà donc transporté au 18ème siècle…


Le départ de Douai

Aujourd’hui, nous sommes Tridi,* le 13 fructidor an VI, jour de l’epine-vinette**. Le soleil se lève, il doit être environ 7 heures et je pars pour Lille ce matin. Nous venons de passer un été caniculaire et le fermier pour qui je travaille m’a annoncé que les récoltes vont être très mauvaises et qu’il ne pourra pas me garder. J’ai donc décidé de partir rejoindre Jean-Louis Delesalle et sa femme Marie-Catherine qui habitent Lille. Une fois sur place, j’espère trouver du travail.

Je ne dois pas perdre de temps, le départ est à 9h. Je finis mes préparatifs, je peux prendre un sac de 15 livres sans supplément de prix. Habitant le hameau de Dorignies, je dois parcourir 4 km pour rejoindre Douai et sa Grand-Place située à l’intérieur des fortifications. J’espère que la porte de la ville sera ouverte et que je ne devrais pas attendre le passage d’une charrette. Il y a deux jours, j’ai réservé mon billet pour un voyage à destination de Lille. Depuis 1 an, le transport des voyageurs et des marchandises appartient au secteur privé, les messageries nationales ayant cessé leur activité. Les particuliers ont donc le droit de se lancer dans cette discipline et j’ai fait affaire avec François, le fils de mon patron qui vient de créer son entreprise. Je lui ai versé des arrhes, une somme de 2,00 frs qui représente 50% du prix du billet.

Beffroy de-Douai Ed. L.crepin
(Source Bibliothèque douaisienne)

Je pars vers 7h30. J’entre sans difficulté dans la ville et arrive Grand-place. L’endroit est déjà très animé. Tous les cafés et auberges sont ouverts. C’est ici que s’arrêtent les voitures publiques. Les départs sont incessants, une dizaine de villes étant desservies. Pour Lille, il y aura quatre départs. Il y a beaucoup de monde autour des voitures qui s’apprêtent à partir, les voyageurs, leurs amis et leurs parents. J’aperçois François qui vérifie le passeport de ses clients tout en guettant l’arrivée de sa diligence et ses postillons. Je m’approche de lui, il a l’air soucieux. Il m’explique que 1200 barrières de péage sont en train d’être posées en France et peut-être même sur la route qui va de Douai à Lille. « Les charges vont encore augmenter » me dit-il.

Le voyage Douai – Lille

La diligence arrive de Cambrai un peu avant 9h. C’est une berline de 6 places, tirées par six chevaux. Deux postillons sont à la manœuvre. François s’avance et immobilise la voiture avec la machine en enrayer. En qualité de responsable, c’est lui qui veille au bon déroulement de l’arrivée et du départ. Pendant que celui-ci vérifie l’état général des roues et des essieux, un des postillons commence à décharger les bagages. Le second attelle de nouveaux chevaux.

Nous sommes six personnes à nous installer sur les banquettes. Deux militaires qui rejoignent leur compagnie à Lille, une nourrice avec un bébé de 6 mois, une bonne et un voyageur de commerce vont faire ce voyage avec moi. Une fois le chargement des bagages terminé et afin de protéger le cuir, François, aidé des postillons, couvre le tout avec de la paille neuve puis bâche l’ensemble. La concurrence entre les entreprises étant importante, l’arrêt doit être le plus court possible. C’est déjà l’heure du départ, le fouet claque, la diligence démarre.

Le conducteur de diligence par Henry Monnier (source BNF)

Douai est à 8 lieues*** de Lille . Ce n’est pas très loin, mais depuis la révolution, la construction des routes et leur entretien ne sont plus une priorité. Le voyage risque d’être long car les postillons ne pourront pas dépasser 1 lieue à l’heure, même si en théorie les voitures ont le droit de rouler jusqu’à 2 lieues par heure. La discussion s’engage tout d’abord sur la qualité des chevaux qui semblent plein d’ardeur puis sur les fêtes et la braderie de Lille. Tous parlent avec amertume de la suppression de toutes les fêtes chrétiennes depuis la révolution. Même le dimanche a été aboli. Mais aucun d’entre nous ne connait la date exacte de la braderie.

La route est belle, mais beaucoup de voitures circulent, surtout des rouliers qui transportent des marchandises. Il est maintenant 11h. Nous avons parcouru 3 lieues et nous devons nous arrêter à un relais pour changer les chevaux. Nous repartons rapidement. Nous arrivons à Pont à Marcq vers 13 h. C’est l’heure de déjeuner. Les deux premières auberges sont déjà occupées par la concurrence. Deux diligences ne peuvent pas déjeuner au même endroit pour éviter ensuite que les gens ne se trompent de voiture. Nous passons devant la douane et trouvons une auberge et un relais un peu plus loin. Les postillons ne nous accordent pas plus de vingt minutes pour manger. Eux-même restent un moment pour contrôler la diligence, changer les chevaux et surveiller les bagages. Je mange une aile de poulet à la broche accompagnée d’un verre de vin de Bordeaux. Le repas me coûte 90 sous.

Nous repartons. Il reste un peu plus de 3 lieues à parcourir et nous devrions arriver vers 16h. Mais La route se dégrade rapidement. A un moment ou le postillon à du solliciter les chevaux pour sortir d’une ornière, le coup de collier donné par ceux-ci a eu pour effet de briser une roue. Rapidement les postillons détachent les chevaux et l’un d’eux repart à cheval vers le précédent relais. Heureusement, il n’était qu’à environ 1 lieue. De retour au bout d’une heure, nous ne mettrons que 15 minutes pour changer la roue. Nous reprenons la route. Celle-ci devient belle, les chevaux sont menés au galop. Nous traversons des plaines fertiles et bien cultivées entrecoupées de ruisseaux et de prairies.

L’arrivée à Lille

La diligence arrive à Lille en fin d’après midi. J’aperçois au loin les immenses fortifications de la ville avec au premier plan un très grand nombre de moulins à colsat qui s’élèvent dans la plaine. Avant d’arriver à la porte de la ville, il nous faut passer des ponts de construction légère pour franchir de très larges fossés. Les militaires m’expliquent qu’en cas d’attaque, la ville peut se défendre en les remplissant avec les eaux de La Deule. Puis, un beau pont de pierre nous emmène à la porte des Malades. Celle-ci est déjà fermée et quelques piétons attendent le passage d’une voiture pour entrer dans la ville. ,La porte s’ouvre, je suis impressionné par sa beauté, ornées de colonnes, elle passe pour être une des plus belles de France. La voiture s’engage ensuite dans la rue des Malades. Bordée de belles maisons, elle nous mène jusqu’à la place de la bourse, près de la Grand-Place.

La braderie de Lille – Tableau de F Watteau

Il est presque 18 h, nous sommes arrivés. Le cocher arrête la voiture, nous descendons, tous fatigués de 9 heures de voyage. Beaucoup de gens nous attendent. J’aperçois Jean-Louis un peu plus loin. Les voyageurs réclament leurs malles, leurs caisses et leurs sacs. Ce n’est pas sans difficultés qu’ils reconnaissent leurs bagages. Les douaniers sont là, il recherchent des éventuelles bouteilles d’alcool, interdites de transport par les messageries privées. Les commissionnaires se précipitent pour nous proposer de nouvelles offres. Les décrotteurs cherchent des bottes à cirer. Je récupère mon sac et rejoint sans attendre Jean-Louis.

 

Le trajet vers la maison familiale

Jean Louis et Marie-Catherine habitent Fives, un petit village situé à 2 km d’ici . Nous prenons la rue des Malades, puis à gauche la rue des Dragons et enfin la rue de Fives qui nous mène à la porte de Fives. Jean-Louis me donne des nouvelles de la famille. Il faut dire que je ne les ai pas vu depuis leur mariage, il y a six ans. Jean-Louis m’apprend qu’il ont deux enfants, Catherine qui a 4 ans et Louis, 7 ans. Marie-Catherine est enceinte de six mois, mais il ont perdu une petite fille de 13 mois, Marie Thérèse, au mois de Floréal dernier. Sur le chemin je suis impressionné par l’état de détérioration de beaucoup de maisons du quartier Saint Sauveur. Certaines se sont écroulées, d’autres n’ont plus de toit. Jean-Louis me raconte que tous ces dégâts sont la conséquence des bombardements lors du siège de la ville par les autrichiens, il y a 6 ans. Aujourd’hui, la ville est toujours protégée, nous croisons beaucoup de militaires. Dans la discussion, j’explique que je n’ai plus de travail à Douai. Jean Louis pense qu’avec toutes ces maisons à reconstruire, je peux trouver quelques chose. Demain, il demandera à son patron s’il peut me prendre comme apprenti dans l’entreprise de menuiserie.

Tout en parlant, nous franchissons la porte de Fives et nous sortons de la ville. Fives n’est plus très loin. Jean-Louis et Marie-Catherine habitent chemin de Tournai dans une maison de brique, mansardée, avec un étage et entourée d’un jardinet. Les enfants jouent dehors. Marie Catherine nous accueille. Le père de Jean-Louis, Jean-Baptiste, est là aussi. Il a 69 ans. Ancien maçon et veuf depuis trois ans, il vient souvent chez ses enfants. Tous le monde s’installent autour d’une bière Lilloise, une bière un peu vineuse qui ne mousse pas.

La soirée

 

Calendrier portatif

Un peu plus tard, Jean-Baptiste rentre chez lui et nous passons à table. Marie Catherine nous sert une soupe de légumes avec du pain de méteil à base de seigle et de froment. A la fin du repas, c’est une tradition, elle nous apporte du pain blanc pour faire des tartines beurrées. Pendant le repas nous reparlons de la braderie de Lille. Avec ce nouveau calendrier qui est en place depuis 5 ans tout est bouleversé. Jean Louis se plaint, la semaine de 7 jours a été supprimée et remplacée par le calendrier républicain avec un repos tous les 10 jours. Le Décadi à remplacé le Dimanche. Tous les ouvriers qui décideraient de continuer ne pas travailler le dimanche pourront être licenciés. De plus, depuis le mois dernier, le Décadi est devenu un vrai jour de fête, les boutiques, magasins et ateliers sont fermés. La date de la braderie est flottante. Marie Catherine pense qu’elle aura lieu cette année le Décadi 20 fructidor, à partir de minuit. Mais elle n’est pas sûre de cette date et doit se renseigner. Cette manifestation est pour tous une véritable occasion d’acheter à bon prix tissus et vêtements. C’est aussi une journée de fête où la famille et les amis se réunissent devant un bon pot au feu, gâteaux et tartes. Le jambon sera sur la table toute la journée et la bière coulera à volonté.

En attendant, tout le monde va se coucher. Les enfants dorment déjà dans leur chambre à l’étage, les parents montent dans la leur. Moi, je dormirai en bas. Demain je partirai avec Jean-Louis avec l’espoir trouver du travail à la menuiserie. Le bois ça me plairait bien.

Jean-Claude
* Tridi = le 3ème jour d’une semaine de 10 jours (Primidi, Duodi, Tridi, Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi, Decadi)
** Epine Vinette : Petite baie considérée comme une épice
*** 1 lieue = 4,82 Km

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Sources provenant de Gallica-BNF

1- Le parfait cocher Edition F.J. Desoer
2- Les fêtes chommées depuis le christianisme par l'Abbé Ch. Lalore
Edition E. Caffe
3- Le Messagiste Ou traité théorique et pratique par J. Hilpert
Edition A. André
4- Guide pittoresque, portatif et complet du voyageur en France
Par E. Girault de Saint-Fargeau - Edition F. Didot Frère
5- Enquête sur les conditions de l'habitation en France : les maisons type
Editeur E. Leroux
6- Conseils aux voyageurs en chemins de fer, en bateaux à vapeur et en diligence
par N.Chaix,
7- Collection générale des loix, proclamations, instructions
Editeur Imprimerie Nationale du Louvre
8- Journal des débats politiques et littéraires du 4 septembre 1905
9- Nouveau code des maîtres de postes par A. Lanoé,
9- Physiologie des diligences et des grandes routes par M. Édouard Gourdon
10- Voyager en France au temps de la poste aux chevaux par P. Marchand
11- Les transports intérieurs sous la Révolution par A. Cochon
12- Vitesse et durée des voyages au temps de la poste aux chevaux
par T. Jamaux-Gohier
13- Voyage dans les départemens du Nord, de la Lys, de l'Escaut 
pendant les années VII et VIII par le citoyen P.F. Barbault-Royer
14- La naissance mouvementée du droit au repos hebdomadaire par P. Barrau
15- Calendrier portatif - Éditeur Debarle-Dubosquet,

Fin du Carnet : Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Page 38, 39 et 40

Fin du Carnet
Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
page 38, 39, et 40 –

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page 40-41Lien vers les pages 36 et 37  –  Fin

Page 38 (gauche) Page 39 et 40 (droite)
le 21 novembre 1917 je recois la
visite de mon collègue Lomgin
qui est très chagriné de ne
pas en sortir de son service
Je m'efforce à lui remonter son
courage,lui prépare son travail.
Aussi ma surprise est grande
lorsque le lendemain, j'apprends
son suicide.
Le 25 janvier 1918, je vais en permission
de 10 jour à xxxxx. Je repasse
par Paris, ou je me rencontre
avec mon beau-frère Florimond.
Le 30 mai 1918, à la suite de la
rupture du front du chemin des dames
l'ennemi arrive à Chateau-Thierry
Tout est prêt pour évacuer, les civils
se sauvent, la panique est
indescriptible, pendnat 8 jours nous sommes
dans l'incertitude, si l'on ne seras
pas obligé de partir, la division
colonial et les américains réussissent
à les contenir.
La nuit du 14 au 15 juillet 1918
les allemands attaquent, la route
de Chateau-Thierry est bombardée
nous nous refugions dans une
cave, pas de victime. Il ne
réussissent qu'à franchir la
Marne, près de Dorman. Le 18
nous contre attaquons avec succés
Château Thierry est évacué
par les allemands
Le 26 juillet je pars en permission
a Eu. Je passe par Paris a l'aller
Au retour je rentre à Fontenelle le
8 Aout 1918 ou je reste
affecté jusqu'à L'armistice.
Rentré à Lille en Janvier 1920

Lien vers les pages 36 et 37  –  Fin

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Sources : Archives familiales

 

Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Page 36 -37

Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
page 36 et 37 sur 40

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page 36-37

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Page 36 (gauche)Page 37 (droite)
Je reprend jusqu'au 18 août 1917 mes fonctions
d'adjoint au cantonnement. Le 18
au matin nous partons pour Chauny,
le 19 nous allons à Salency près de
Noyon, nous séjournons deux jours.
Le 21, je suis chargé de faire le
cantonnement pour Audignicourt,
village détruit. Le 22, à Ressons
le long. Le 24, à Saint Médard, un des
faubourgs de Soissons, Je remplis les
fonctions d'adjudant de bataillon. Nous
installons notre bureau à l'institut des
aveugles. le 6 septembre, je reprend ma
place à la compagnie qui est affecté
à une compagnie de xxx pour la scierie.
La période passée dans ces parages
est assez calme. Nous n'avons à
craindre que les bombes d'avions
et des bombardements sur Soissons
ou je me dois me rendre journellement.
Pendant mon séjour dans
ces parages, j'assiste à la reprise
de la Malmaison et vois défilé
près de 11 OOO prisonniers
Le 4 novembre 1917 nous recevons
l'ordre à neuf adjudants de nous
rendre à Condé en Brie près de
Château Thierry pour être mis
à disposition du major de la
zone 45. Je suis, à ma grande
surprise et grande joie, envoyé
comme casernier à Fontenelle
en Brie. Je loue une chambre et
prend pension chez le garde
champêtre, mon nouveau service
me plait beaucoup.

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Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Page 34 -35

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page 34-35

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Page 34(gauche)Page 35 (droite)
Souvent des blessés nous sont
amenés. Le 16 juin 1917 un bombardement
d'obus de gros calibre détruit presque
complètement le village. Une cinquantaine
d'hommes sont enterrés vivants
sous les éboulements des grottes.Le
spectacle est horrible, un gros bloc se
détache et vient briser mon lit. Un
obus éclate sur la crête de notre
abri. C'est un miracle si nous ne
sommes pas engloutis. Les bombardements
se succèdent à intervalle de quelques
heures. Comment sortiront-nous de
cet enfer.
Le 28, nous quittons Cuissy pour
coucher à Barbonval. Le 30, nous
prenons les autos à Tirnes pour
Ercheux ou le régiment doit se
reposer. Le 6 juillet 1917, je suis
désigné pour suivre un cour
de chef de section à Limère
au dépôt divisionnaire. Le 15,
je fais mouvement avec le dépôt
pour Baulieu, le 16 à Callouël.
Le cour se termine le 21 juillet.
Le 22, je me dirige sur Noyon
pour rejoindre le régiment
que je rencontre en route
se dirigeant à Montescourt prés
de Chaumy. Le commandant
m'adjoint à lui au cantonnement.
Nous y sommes très bien.
Le 3 Août, le pars en permission
à Eu. et rentre le 15, toujours
sans nouvelles de ma famille
ce qui me donne xxx
juste le cafard

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Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Page 32 – 33

Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
page 32 et 33 sur 40

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page 32-33

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Page 32 (gauche)Page 33 (droite)
Je le retrouve dans les environs de
Ham et j'apprends que je suis
versé à la 8ème Cie. Tout le long
de la route, tout est détruit, c'est
honteux de voir les dégâts commis.
Jusqu'au 3 avril nous cantonnons
à Villers St Christophe, les 4,5,6
à Buchoire, le 2 à Ognes. pendant
mon séjour dans le village qui n'a
presque pas été abîmé, je suis chargé
du ravitaillement de la population civile.
Le 3 mai, nous quittons Ogne pour être
xxxx à Travercy, près de La Fère, à
faire des tranchées. Nous campons, sous
la tente, abrités par des branches d'arbres
que les boches ont abattues. Le 8 à minuit
nous quittons le camp pour revenir. Passe
une nuit à Maretz, le 9 à Tirelefesse
près de Noyon. Le 13, embarquement
en auto pour cantonner une nuit
à Times près de Soissons.
Le 14 mai, je suis désigné pour prendre
les fonctions de major de cantonnement
à Cuissy et Geny, situé à proximité du
chemins des dames. Les hommes sont
logés dans des grottes car la plupart des
maisons sont abîmées par les bombardements.
J'éprouve beaucoup de difficultés
pour établir le cantonnement. La
nuit du 1er au 2 juin, nous recevons
un obus dans la cour, un cheval
se tue. C'est grâce à notre abris si
nous ne sommes pas touchés. Les murs et
la porte sont criblés de trous
par les éclats. Presque journellement
le ravin est bombardé.

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Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Page 30 et 31

Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
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page 30-31Lien vers les pages 28 et 29  –  Lien vers les pages 32 et 33.

Page 30 (gauche)Page 31 (droite)
Le 29 janvier 1917, nous quittons les côtes
de Verdun. Nous embarquons à 8h du
soir à Dugny pour Robert-Espagne
où nous arrivons le lendemain matin,
très bon accueil. Le 27, embarquons
à Revigny pour débarquer le 28
à Clermond dans l'Oise. Le 29
cantonné à Erqueryou nous
prenons les autos qui nous déposent
à Plessier dans la Somme. Je suis
désigné pour réquisitionner des couvertures
à St xxxxx. Le 5 février je quitte la
Cie H.R pour retourner à la 10ème Cie
cantonné à Davenescourt, affecté au
déchargement des autos pour un dépôt
de munitions. Le 18, nous partons
pour Warsy, cantonné dans le village.
Le jour nous travaillons à enterrer
un câble téléphonique. Le 1er mars
à 2h du matin nous recevons l'ordre
de se mettre à la disposition du génie pour
la remise en viabilité de la route
Guerbigny et Andechy vers Roy. A 7h
du matin, l'attaque commence, nous
n'avons qu'un boyau pour nous abriter.
Tous nous sommes dans l'anxiété, car
nous ne savons rien des allemands, nous
travaillons sous le bombardement de
nos pièces. Les vagues d'attaque continuent
jusqu'au dessus de Villers les Roye. Enfin
nous apprenons la déroute allemande.
Le 19 mars, je pars en permission, je
passe 7 jours à Eu en passant par Paris.
Le 30 je quitte Paris pour rejoindre
mon régiment après 2 jours et 2
nuits de voyage bien ennuyeux.

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Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Pages 28 et 29

Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
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page 28-29

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Page 28(gauche)Page 29 (droite)
de se reposer un peu.
En novembre 1916 mon bataillon
est chargé du ravitaillement pendant
l'attaque pour la reprise du Fort
de Veaux près de Douaumont, ma Cie
perd 10 hommes plus une vingtaine
de blessés.
Le 13 je pars en permission de 7 jours
pour Eu, je passe une journée en
allant et en revenant à Paris
Je rentre le 24 novembre et reprend
mon service. Le 29 novembre j'ai
la grande joie de recevoir le portrait
de Blanche et Robert, Je trouve ma
femme bien changée. Cela me
produit une grande émotion dont
j'ai peine à me remettre. Aurais-je
le bonheur de les revoir un jour.
Je ne puis contempler ce portrait
sans pleuré, pauvre femme, pauvre
enfant, dire que je puis
rien faire pour les soulager.
Quand nous retrouverons nous
Ce bonheur que nous n'apprécions
qu'à présent. Où est-elle
notre vie d'autre fois, je n'aurais
jamais cru que l'on puisse
tant souffrir. Avons nous
mériter de telles épreuves,
je crois vivre un triste rêve.
Je compte les heures à xxx
ma peine à m'abrutir de
souffrances, à me demander
s'il ne vaudrais pas mieux
en finir de suite de cette vie
xxx et sans issue. une
seule chose me soutient l'espoir
de revoir un jour tous mes êtres chéris.

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Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Pages 26 et 27

Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
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page 26-27

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Page 26(gauche)Page 27 (droite)
et évacué par les habitants, tout
est pillé. Le 28, départ pour loger
une partie de la Cie dans un
ouvrage, aux environ du fort de
Moulins-ville. Le reste dans des
baraquements. Tous, nous sommes
éreintés, obligés de coucher sur le sol
sans un brin de paille. Il fait
froid et il pleut. Le 29 départ à 11h
du soir pour effectuer des travaux de nuits
dans la plaine de la Woëvre, à proximité
du village de moulins-ville. Les
premières nuits nous sommes tranquilles
pour creuser le boyau, mais par la
suite nous sommes à tout instant
marmité*. En outre les baraquements
ou nous logeons se trouve situé
à proximité des batteries. Et bien

*argot de bombardé
souvent les obus arrivent et font
des victimes. Le 21 mai, je suis mis
en subsistance à la Cie H.R,
adjoint au Capitaine J. Buigne,
pour l'organisation sanitaire
du camp de la Beholle.
le 27 juin, le Capitaine Bompain
m'envoie un mot m'annonçant que
3 hommes de ma section sont tués et
2 blessés. J'assiste à l'enterrement, triste
souvenir, une simple toile d'emballage
qui les entoure, pas de cercueil.
Pendant quelques jours, le camp de
la Beholle est bombardé, nous
sommes obligés de déménager les
baraquements. Je couche pendant
plusieurs jours dans un boyau
car il est autrement impossible
de se reposer un peu.

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Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Pages 24 et 25

Carnet tenu par Delesalle G., lors de la guerre 14-18.
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page 24-25

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Transcription du texte :

Page 24 (gauche)Page 25 (droite)
Nous le quittons le lendemain
pour être dirigé sur Hagenback
ou nous cantonnons
plusieurs jours. Nous passons
la nuit dans ce village.
Le 26 départ pour Danemarie
petite ville de 5000 habitants.
Le 1° janvier 1916, nous quittons
Danemarie pour Retzwiller
nous y effectuons différents
travaux. Le 4 mars j'apercois
les cigognes sur
l'usine de la tuilerie.
Le 5 Mars 1916, retour à Hagenback
Le 6 mars, je pars en permission
de 6 jours à Eu. Je passe à l'aller
et au retour une demi
journée à Paris, je rentre le 16.
Mars à 11h du matin à Hagenback
ou je retrouve ma Cie. Le 18, travail
aux tranchées de première ligne à
Hagenback, le bois et le village
se trouve bombardé à tout instant.
Le 15 mars 1916 à 6 heures du soir, départ
d'Hagenback pour cantonné à
Retzwiller que nous quittons le
24 pour Belfort. Marche très
fatiguante car il pleut. On nous loge
dans la caserne Bellemanie.
Le 25, embarquement à Belfort,
nous passons par Epinal et
Bar le Duc. Nous débarquons à 1h
du matin pour cantonné à Bussy
Le 27, départ en auto pour cantonné
à Ansemons, village situé aux
environs de Verdun, bombardé

 Lien vers les pages 22 et 23  –  Lien vers les pages 26 et 27.

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Sources : Archives familiales

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Les Delesalle durant l’histoire – 1ère Partie : le 18ème siècle

Lisle en Flandre telle qu'elle est fortifiée 1667 - Réalisé par Baulieu

Lisle en Flandre telle qu’elle est fortifiée 1667 – Réalisé par Baulieu

Tout commence en 1694 car c’est à cette date que nous trouvons notre premier ancêtre. Il habite Fives, un petit village tout proche de Lille. Contrairement à beaucoup de familles qui se déplacèrent à travers les régions françaises, les Delesalle sont toujours restés au même endroit.

Le nom de Delesalle est très ancien et très répandu dans la région. Il signifie le nom d’une personne originaire d’un lieu  qui s’appelle « la Salle ». Ce nom désigne une demeure fortifiée et le château de la Salle, première demeure des Comtes de Flandre, en est un exemple.

Le contexte historique

Lille était l’une des capitales de la Flandre qui s’étendait de la mer du Nord à Saint-Omer, Douai, Valenciennes, Bruxelles et Anvers. La Flandre a toujours été l’objet de convoitise de la part des diverses puissances. La richesse de son sol, son industrie, son goût pour les beaux-arts, rendait sa possession très avantageuse pour qui pouvait l’annexer à son royaume. Les rois de France, les comtes de Flandre, les ducs de Bourgogne, Charles-Quint, l’Autriche, l’Espagne en furent tour à tour les possesseurs soit par mariages soit par conquêtes.

Lille prise par Louis XIV en 1667

Le retour de Lille à la France se fit sous Louis XIV par le biais de son mariage avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne (1660) qui devait lui apporter en dot 500 000 écus d’or. A la mort du roi d’Espagne, n’ayant rien reçu Louis XIV réclama les provinces dont sa femme était héritière. Il rassembla une armée de 50 000 hommes  et partit faire la conquête de la Flandre. Le 9 août 1667, la ville de Lille se rendit. Depuis elle est restée française, sauf durant l’occupation hollandaise de 1708 à 1713.

Les premiers ancêtres

C’est dans ce contexte que l’on trouve les premières informations sur nos ancêtres Delesalle :

Jean-François DELESALLE est né vers 1693 à Fives. Il se maria en 1720 avec Marie-Jeanne MAHIEU, elle aussi née à Fives. Ils vivront dans ce village, où naîtra Jean Baptiste. Ils auront 2 enfants et peut-être beaucoup plus, l’absence de registre empêchant les investigations. Jean-François décédera à l’âge de 61 ans le 5 février 1754  A cette date Marie-Jeanne était déjà décédée.

Au milieu du 18ème siècle, Fives comptait environ 700 habitants. Le village était composé d’habitations bâties autour du prieuré ainsi que de plusieurs hameaux et deux faubourgs. La plaine de Fives est une terre fertile qui est limitrophe avec Lille. Elle remonte en pente douce jusqu’au pays de Barœul. Le territoire est donc exclusivement rural.

Leur fils Jean-Baptiste DELESALLE est né en 1729. Il se maria le 9 août 1763 avec Marie-Barbe Joseph ROTRU, native aussi de Fives. Le mariage a eu lieu à la paroisse de St Sauveur à Lille. Les parents des deux mariés étaient déjà tous décédés et les deux jeunes gens avaient quittés le domicile familial pour s’installer à Lille, ville fortifiée. Après leur mariage, ils resteront quelques temps dans ce quartier. Jean-Louis y naîtra le 13 juillet 1770. Plus tard, ils retourneront s’installer à Fives. Marie-Barbe décédera à 64 ans le 3 août 1795 à Fives et Jean-Baptiste à 72 ans, le 29 mars 1801.

Jean Baptiste et Jean François étaient maçons et devaient travailler principalement sur Lille, voire sur la construction des remparts. Au fil des siècles, cette enceinte aura été modifiée et agrandie de nombreuses fois depuis son origine en 1036.

Siège de la ville de LIlle en septembre 1792 par les Autrichiens

Siège de la ville de Lille

Lille était convoitée et très souvent assiégée. En septembre 1792, ce fût les Pays-Bas autrichiens qui bombardèrent la ville. La France leur avait déclaré la guerre quelques mois plus tôt. Mais à la suite de plusieurs victoires sur l’armée Française, les Autrichiens essayèrent de prendre Lille. Durant 8 jours, positionnés principalement dans le secteur de Fives, ils envoyèrent bombes et boulets sur le quartier St Sauveur. Le feu se déclara sur plus de 600 maisons. Mais Faute de munition, leur commandant Albert de Saxe, leva le Siège le 8 octobre, laissant derrière lui une région dévastée.

Siège de la ville de LIlle en 1792 par les Autrichiens

Siège de la ville de Lille en 1792 par les Autrichiens

Quelques mois plus tôt, le 17 avril 1792, le fils de Jean-Baptiste, Jean-Louis, s’était marié avec Marie-Catherine SAMIER. Le mariage eu lieu à la paroisse Saint-Maurice. Ils avaient respectivement 21 et 19 ans. 
Lui sera menuisier et i
ls vivront à Fives et auront 6 enfants, 4 filles et 2 garçons. Marie-Catherine décédera à 56 ans à Fives en 1830, Jean-Louis à 85 ans le 7 sept. 1855.

La vie à Lille à la fin de ce 18ème siècle ?

Voici le récit de Paul François Barbault Royer qui visita Lille en Mars 1799.

En arrivant à Lille par la route de Douai, la première chose qui nous frappe est le nombre très important de moulins à colsat. Avant de rentrer dans la ville, nous devons franchir un très large fossé. Nous empruntons plusieurs ponts. Ces fossés peuvent être remplis d’eau à tout moment grâce à des écluses qui retiennent l’eau de la Deûle. On ne voit que des murailles fortifiées.

Carte de Lille éditée en 1729 par Van Der Aa et Pieter Boudewyn, graveur et éditeur d'estampes. Fait partie de "La galerie agréeable du monde", document en plusieurs volumes - Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.

Partie d’une carte de Lille éditée en 1729 par Van Der Aa et Pieter Boudewyn, graveur et éditeur d’estampes. – Bibliothèque nationale de France. Voir le fichier source en HD sur la BNF : ici

Une fois passés l’enceinte, nous arrivons sur un pont de pierre de 12 arches qui se termine sur une très belle porte : La porte des Malades. (Aujourd’hui détruite et remplacée par la porte de Paris). La première rue qui s’offre à nous est la rue des malades (rue de Paris) qui nous amène jusqu’à la Grand Place.
Cette rue est longue, bien pavée et très propre. Du monde dans les rues et beaucoup de boutiques illuminées nous laisse imaginer un commerce florissant. Les maisons qui bordent la rue sont toutes construites sur le même plan, avec une architecture épaisse surchargée de festons. Elles sont habitées par les commerçants.
En réalité, tout cela cache une grande misère de la classe ouvrière. Sur la grand-place, les maisons, qui sont toutes à 2 ou 3 étages, ont des caves converties en logement. Ces caves ferment avec des portes à large battant qui sont toujours ouvertes ; on y voit tout ce qui se passe à l’intérieur. Ces familles ne vivent que grâce au travail de la dentelle. Le bois de chauffage est très cher, les Autrichiens ayant tout brûlé sur leur passage. Il faut le faire venir de très loin par canaux. On se chauffe plutôt avec du charbon ou de la houille.

La promenade sur les remparts est très agréable mais il n’y a jamais personne, probablement à cause du souvenir des diverses guerres que ces remparts véhiculent. Les Lillois préfèrent le quartier de Notre Dame avec ses nombreux jardins, auberges et guinguettes.

La vie est abondante et les marchés sont bien fournis. Les raies et soles viennent de Dunkerque ou de Blakenberg en Belgique. Les huîtres viennent de Calais ou Ostende. Les lillois boivent du vin car les bières ne sont pas très bonnes. Celle de Lille est d’un brun foncé et ne mousse pas. Le pain, dit de méteil, est composé de seigle et de froment. Il n’a pas très bel aspect mais a bon goût. On le sert sur les tables les plus riches. Le pain de France est plus blanc. On le sert en fin de repas pour faire des tartines beurrées, un usage universel que l’on retrouve dans toutes les classes sociales.

A l’extérieur des remparts, la terre est très grasse et fertile. On cultive beaucoup de colsat, une espèce de chou dont la graine fournit de l’huile. Cette culture alimente beaucoup de moulins locaux. On cultive aussi du lin, du blé et du tabac.

La ville compte entre 60 à 80 000 habitants, la plupart employés dans le commerce. Mais durant ce 18ème siècle, l’activité de Lille a beaucoup a beaucoup changé :

  • Le commerce avec les autres territoires de la Flandre était autrefois florissante, mais durant ce 18ème siècle,  Anvers a supplanté Lille en matière de commerce.
  • Coté industrie, Il se fabriquait autrefois plus de 300 000 pièces de textile. Beaucoup de manufactures sont partis vers Bruges et Gand, conséquence des impôts, du niveau de vie et des guerres.
  • Toutes les administrations importantes ont été déplacées vers Douai.
  • Enfin ces activités ont été compensées par un nombre très important de limonadiers, traiteurs et cabaretiers car il restait à Lille plusieurs milliers de soldats.

Tous ces changements ont eu pour conséquence un « dérèglement » des mœurs de la jeunesse. Fêtes et bals masqués étaient organisés. Les courtisanes fourmillaient. Avec la misère et la corruption, des femmes publiques envahissaient les quartiers au coucher du soleil.  A cette période, il naissait parfois plus de 300 enfants dans le mois. La majeure partie était illégitime.

A la suite de ces soirées, beaucoup de bonnes familles se sont trouvées déshonorées. Jean-Baptiste et Marie-Catherine n’ont pas échappé à la règle. Leur fille Marie-Louise, arrière grand-mère de Gustave (Gustave est le grand-père de Jean) donna naissance Louis-Joseph dont le père fut déclaré inconnu. Elle n’avait que 18 ans.

Jean-Claude

Copyright : décembre 2015 – reproduction des textes et photos interdites sans autorisation

Sources Bibliothèque nationale de France :
- Plans anciens et modernes de la ville de Lille par L. Quarré-Reybourbon 1901.
- Guide des étrangers à Lille, ou description de la ville et de ses environs 1772.
- Histoire de Lille depuis son origine jusqu'en 1830, par M. Lucien de Rosny 1838.
- Voyage dans les départements du Nord, de la Lys, de l'Escaut, Paul François Barbault Royer 1798 - 1799
- Petites histoires des pays de Flandre et d'Artois  Romain-Hippolyte Duthilloeul 1835
- "La galerie agréable du monde", document en plusieurs volumes - éditée en 1729 par Van Der Aa et Pieter Boudewyn, graveur et éditeur d'estampes

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