François Garinand : Anarchiste dans les années 1900

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J’avais déjà mentionné François Garinand, le frère de Marius, dans l’article “Deux frères condamnés à la prison” que j’avais écrit en mars 2015. Depuis, de nouvelles recherches m’ont permis de mettre à jour l’activité d’anarchiste de François. Voici donc un nouvel article sur l’oncle de Stéphane, Garinand.

De la naissance au mariage

Né le 4 février 1865 à Saint-Paul-en-Jarez, une petite ville de la Loire ,François est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Grâce au recensement de 1866, on trouve la famille au 24 rue du bourg à Saint-Paul. François a 18 mois, ses parents Jean Louis et Marie Prunier, 25 ans. Un de ses oncles, François frère de Jean Louis, vit aussi avec eux. 6 ans plus tard, en 1872, on retrouve la famille qui s’est agrandie et habite à Lorette, au 80 de la rue Nationale. François à 7 ans et sa sœur Pierrette 5 ans. L’oncle François qui a 42 ans vit toujours avec eux. En 1885, lors du conseil de révision, il est dispensé du service militaire car il a trois doigts coupés à son pied droit. Il habite alors Terrenoire, une ville qui fait partie aujourd’hui de l’agglomération de St Etienne. En 1891, il vit seul à Rive de Gier, au 54 rue de Lyon. C’est là que le 20 juin de cette même année, il se marie avec Marie Louise Seyssel. Dans l’acte de mariage, ils reconnaissent un enfant, Claude, né 3 ans plus tôt en 1888 et dont ils déclarent être les père et mère.

Son activité d’anarchiste
Almanach du Père Peinard

Almanach du Père Peinard

Le mouvement anarchiste est né en France vers les années 1881. Les activités de François semble avoir commencé vers 1890. En 1892, il habite à Saint Chamond, au 4 rue Victor Hugo. Il est membre du groupe “Les amis de Ravachol” de cette ville alors que ce dernier vient d’être décapité le 11 juillet 1892 à Montbrison. Ravachol devient alors un mythe pour de nombreux compagnons et va faire l’objet d’un véritable culte de la personnalité. Nul doute que ces événements ont conforté François sur la voie de l’anarchisme. A cette date, il est correspondant du “Père Peinard” un journal hebdomadaire anarchiste qui distille à travers ses articles au ton populaire des attaques en règle contre le système politique et économique de l’époque. L’année suivante, en 1993, habitant au 23 rue de la Liberté, il constitue une bibliothèque pour le groupe, la lecture étant pour l’anarchiste un important vecteur d’idées.

6 Jours de Prison

Lors du conseil de révision de Saint Chamond, le 3 mai 1893, François Garinand et une dizaine d’amis organisèrent une manifestation.

Un nouveau 15 mai

Document dessiné par Nadar – BNF Gallica

Armés d’énormes gourdins, précédés de deux joueurs d’accordéons, ils traversèrent la ville en déployant un drapeau rouge et en chantant des chants révolutionnaires comme Le Père Duchesne et Les Anti-Patriotes, . Des agents de police se sont alors interposés. François Garinand les pris à partie en les traitant d’imbéciles, de cochons et leur disant qu’il se chargerai de les lyncher. Deux jours plus tard, il fut condamné à 6 jours de prison.
Le 21 novembre 1883, comme de nombreux compagnons de la région, il fait l’objet d’une perquisition

En Janvier 1894, il est arrêté à Saint Chamond avec Jean Cote et Neyret et a été accusé d’avoir distribué des brochures anarchistes à des militaires de Saint Chamond et d’Izieux. Lors de sa fouille, la police a trouvé une lettre de Sébastien Faure, Propagandiste anarchiste français de renommée internationale.

Disparu ?

François Garinand est inscrit à l’état vert N°4 des anarchistes. il s’agit d’un d’état des anarchistes signalés comme disparus ou nomades. On trouve des documents sur lui aux archives nationales section police générale. Déclaré disparu du département de la Loire, Il a été vu, au milieu de l’année 1900, circulant à pied dans le département de la Marne, à recherche de travail.

Détournement d’argent

En 1903, François est secrétaire à la Bourse du Travail. Il détourne deux sommes de 300 frs, l’une votée par le Conseil Général, l’autre accordée par le gouvernement. L’ administration de la Bourse du Travail de Saint Chamond dépose plainte. Malgré un mandat d’arrêt ce dernier reste introuvable. Le matin du 26 juin 1903, il se présente au commissariat central. Il est jugé le 7 juillet 1903, reconnait les faits, les regrettant profondément. Condamné à 6 mois de prison, il sort quelques jours plus tard le 22 juillet 1903.

Divorce

Le 26 avril 1904, sa femme Marie Louise Seyssel demande le divorce et l’obtient ” aux torts et griefs” de François qui est condamné à lui versé 25 frs par mois. Marie Louise à la garde de leur fils Claude qui a alors 16 ans.

Un exemple à ne pas suivre

Pour finir François Garinand est cité dans un journal socialiste “Le Peuple de Lyon” du 5 juillet 1903. L’article compare deux leaders socialistes à des “Garinand et Panel” auxiliaires d’un parti rétrograde et accusé de vol. L’article explique que des anarchistes étaient embauchés en période électorale par certains partis. François aurait-il fait de la politique ?

Les recherches sur la suite de sa vie et son décès sont demeurées infructueuses. Toutes informations sur le sujet seront les bienvenues.

Jean- Claude

Copyright - Décembre 2016 -
Reproduction des textes et des photos interdites sans l'autorisation de l'auteur

Sources :
- Archives de la Loire : Site web
- Dictionnaire des militants Anarchistes : Site web
- Gallica BNF : Site Web
- Fiche Ravachol sur Wikipedia : Site Web
- Presse Ancienne : Le stéphanois, Journal de Vienne, Le Peuple, Express du Midi, 
Le républicain
- Archive Nationale - Section Police Nationale
Ligne de vie de François Garinand

DateAgeEvènementLieu AdresseDétails
05 02 18650NaissanceSaint-Paul-en-Jarez (42740)Père : Jean Louis
Mère : Marie Prunier
Ainé de la famille
01 08 186618 moisRecensement24 rue du Bourg
Saint-Paul-en-Jarez (42740)
Vit avec ses parents Marie et Jean Louis.
Est aussi présent dans la famille, le frère de Jean-Louis, François âgé de 38 ans
27 09 18672 ansNaissance de sa 1ère sœurSaint-Paul-en-Jarez (42740)Pierrette
09 04 18705 ansNaissance de sa 2ème sœurLorette (42420)Marie Anne
10 02 18715 ansDécès de sa 2ème sœurLorette (42420)Marie Anne
18727 ansRecensement Lorette80 rue nationale
Lorette (42420)
Vivent à cette Adresse :
Jean Louis 32ans - Marie 30 ans -
Francois 7 ans - Pierrette 5 ans -
Francois, frère de Jean Louis 42 ans
02 10 18727 ansNaissance de son 1er frèreLorette (42420)François Marius
1876Recensement LoretteAbsent du recensementActe de naissance
01 06 187914 ansNaissance de sa 3ème sœurTerrenoirePierrette Francia
188520 ansService MilitaireTerrenoireExempté suite blessure au pied : 3 doigts coupés au pied droit
189126 ansDomicile54 rue de Lyon
Rive de Gier
20 06 189126 ansMariageRive de GierMarie Louise Seyssel
189227 ansDomicile4 rue Victor Hugo
Saint Chamond
Membre du groupe Les amis de Ravachol de Saint Chamondcorrespondant local du Pre Peinard
11 07 179227 ansExcution de RavacholMontbrisonAprès deux procés, le 26 avril devant la Cour d'assises de La Seine et le 21 juin à Montbrison
02 05 189328 ansArrestationSaint ChamondA entonné des chants révolutionnaires et déployé le drapeau rouge.
03 05 189328 ansJugement du tribunal26 Place de la Liberté
Saint Chamond
Outrage agent de police
6 jours de prison
189328 ansActivitè anarchiste26 Place de la Liberté
Saint Chamond
Constituait une bibliothèque pour le groupe
21 11 189328 ansPerquisition26 Place de la Liberté
Saint Chamond
Fait l'objet d'une perquisition comme beaucoup de ses compagnons
01 01 189428 ansArrestationSaint ChamondEst arrêté avec Jean Cote et Neyret et a été accusé d’avoir donné des brochures anarchistes à des militaires de Saint Chamond et d'Izieux. Lors de sa fouille, la police a trouvé deux lettres de Sébastien Faure et A. Dumas.
Vers 190036 ansActivitè anarchistedisparu ou nomade
Inscrit sur l'état vert n°4 des anarchistes
(état des anarchistes signalés comme disparus ou nomades)
190036 ansDisparitionVu dans La MarneSignal comme disparu du département de la Loire, circulait à pieds dans la Marne au milieu des années 1900 à la recherche de travail
27 07 190136 ansMariage de François MariusSaint Chamondavec Josephine Julia Ageron
24 06 190338 ansFausse déclarationSaint EtienneGarinand Franois, âgé de 39 ans, se présenta au bureau central. "Une bande d'individus, déclara-t-il avec un aplomb imperturbable, viennent de voler une -trentaine de mille francs"
27 06 190338 ansIncarcrationMaison d'arrét de St EtienneVétements portés l'arrivée
Chemise couleur - Veste, gilet et pantalon noirs -Brodequins
05 07 190338 ansCité dans un articleLyonJournal le peuple de Lyon N° 80
07 07 190338 ansJugement du tribunal57 rue Alsace Lorraine
Saint Chamond
Abus confiance, détourne la somme de 600 frs au préjudice de la bourse de travail de Saint Chamond
Condamné à 6 mois de prison
22 07 190338 ansSortie du tribunalMaison d'arrét de St Etienne25 jours de prison (condamné à 6 mois)
20 09 190338 ansMariage de FranciaSaint Chamondavec Stéphane Marie Gérin
26 04 190439 ansDivorceRive sur GierDivorce la demande de Claudine Seyssel

L’histoire de la famille Garinand 3/3

Génération 7– François Marius (1872 – 1925) Saint Etienne 

François Marius est né le mercredi 2 octobre 1872 à Lorette (Loire). Durant son enfance, la famille se déplacera sur divers sites du département où son père sera employé dans les usines de métallurgie : Lorette, Terrenoire, Saint-Chamond.

N8427374_JPEG_26_26DMA 21 ans, habitant à Saint-Chamond avec ses parents, il effectuera son service militaire. Il sera affecté au 10ème régiment de chasseurs pour une durée de 3 ans de 1893 à 1896. (1) Après son service, on trouve sa trace à Montluçon puis à Marseille. Nous passons rapidement sur les condamnations qu’il a eues et qui ont fait l’objet d’un article spécial dans notre blog. (A lire ici)

Il revient à Saint-Chamond en 1901 et se marie avec Julie Joséphine Ager… le 27 juillet 1901. Ils partiront ensuite s’installer à Saint Etienne. Leurs deux enfants, Edmée et Stéphane naissent en 1902 et 1904. (2)

 

En 1911 on retrouve François Marius dans un recensement du canton sud Est de Saint Etienne. Il habite au N° 61 de la rue César Bertholon avec sa mère Marie et son fils Stéphane. Mais sa femme Joséphine Julie et sa fille Edmée ne sont pas citées. Est-ce une erreur ou sont-ils séparés ? Des recherches sont toujours en cours. A cette date, François Marius a 38 ans et exerce le métier de Fraiseur.

Recensement 1911 Saint Etienne

Recensement 1911 Saint Etienne – Source archive de Saint Etienne

Lorsque la guerre 14-18 éclate, il est rappelé dans le groupe territorial du 36ème d’artillerie. Mais le 12 janvier 1915, la commission de réforme de Saint Etienne le place dans le Service Auxiliaire (3). Il est alors muté dans les aciéries de la Marine. Le 4 juin 1917, alors que la guerre n’est pas terminée, il est renvoyé dans ses foyers et se retire à la Valla en Gier dans la Loire

Ensuite, on perd sa trace. Seul repère, en 1928, lors du mariage de son fils Stéphane, il est décédé. L’acte de mariage pourrait peut-être nous apporter quelques informations supplémentaires. Demande en cours.

 

Génération 8– Stéphane François (1904 – 1932) Saint Etienne 

Stéphane, le grand-père de Joane, est né à Saint Etienne, cours Fauriel, le 13 septembre 1904. Il décédera d’une Pneumonie en 1932 à l’âge de 28 ans.

Nous arrivons à une période ou les documents ne sont pas en ligne afin de protéger la vie privée des diverses personnes. Un Post lui sera consacré dès que j’aurai plus d’informations. 

Copyright Mai 2015 – Reproduction des textes et photos interdites sans autorisation – JCR

 

Informations complémentaire :

(1) A cette période le service national était de 3 ans mais la loi sur le recrutement du 15 juillet 1889 stipulait dans son article 37 :
« Tout Français reconnu propre au service militaire fait partie successivement :
  – De l’armée active pendant trois ans
  – De la réserve de l’armée active pendant dix ans
– D
e l’armée territoriale pendant six ans
  – De la réserve de l’armée territoriale pendant six ans. »
Soit un total de 25 ans ! 

(2) Stéphane est le Grand Père maternel de Joane. 

(3) Le service Auxiliaire :
Tout homme reconnu par le conseil de révision incapable de faire un bon service actif dans l’armée est classé dans le service auxiliaire. En cas de guerre, il est alors destiné à compléter les divers services de l’armée et peut, le cas échéant, être mis à la disposition de l’industrie privée pour l’exécution de travaux relatifs à l’armée.
Source : Page 81 de l’Extrait du Traité pratique du recrutement et de l’administration de l’armée française par A. Andréani – 1889

 

L’histoire de la famille Garinand 2/3

1- Mathieu Garinand > 2- André Garinand > 3- Jean Garinand > 4- François Garinand > 5- François Garinand > 6- Jean-Louis Garinand > 7- François Marius Garinand > 8- Stéphane François Garinand > 9- Jacqueline Thérèse

Mise à jour le 16 mai 2015

 

Génération 4 – François Garinand (1752 – 1824) Hameau du Buisson – Véranne

François Garinand est né vers les années 1752. Malgré une importante recherche dans les registres, il n’a pas été possible de trouver son acte de naissance.

Il se marie le 29 janvier 1788 à l’âge de 36 ans  avec Marguerite Rivory, âgée de 27 ans. Le mariage a lieu à Véranne (Loire) distant de Saint-Appolinard de 4 Km. Véranne est situé au pied du Mont Pilat (1432 m).  Ce village de piémont de 700 habitants est composé de très nombreux hameaux. François et Marguerite habiteront celui du Buisson où il  sera cultivateur.

LD-Mont Pilat 1

Vue sur la Vallée de Véranne depuis le Mont Pilat
Photo réalisée par Christophe SZYMCZAK – Flickr.com.

 Le secteur est constitué de grands bois et forêts, de pentes aux eaux abondantes et de nombreuses cascades. La commune reste très isolée, les habitants vivent en autarcie avec leurs propres productions.

Leur fils, François, est né le 7 germinal de l’XII qui correspond au 28 mars 1804.
Marguerite décède le 25 janvier 1821 et François 3 ans plus tard, le 18 décembre 1824 à l’âge de 72 ans.

.

Génération 5 – François Garinand (1804 – 1824) Saint Paul en Jarez

François, né le 28 mars 1804, quittera la région (probablement à la mort de ses parents) pour aller vers une agglomération plus industrialisée.  Il choisira Saint Paul en Jarez, un  village de 3400 habitants près de Saint-Chamont, situé à une trentaine de kilomètres de Véranne.

Il s’y marie le 19 janvier 1830 avec Jeanne Marie Revol. Ils habiteront Saint Paul en Jarez où il exercera le métier de menuisier et auront sept enfants (1) :

  1. Marie-Anne née en 1833, probablement décédée avant l’âge de 3 ans
  2. Marie-Anne née en 1836 (reçoit le même prénom que sa sœur décédée)
  3. Gabrielle née en 1838
  4. Jean-Louis né en 1840 (ancêtre de notre famille)
  5. Benoîte née en 1842
  6. François née en 1844
  7. Pierre née en 1847

Jeanne Marie décède en 1858 à l’âge de 48 ans. François décède 3 ans plus tard à l’âge de 57 ans.

 

Génération 6 – Jean-Louis Garinand (1752 – 1824) Saint Paul en Jarez

 Jean-Louis est né le dimanche 19 janvier 1840 et passe toute son enfance « Au Boury » de Saint Paul en Jarez. Il y connaîtra Marie, fille naturelle d’Armelle Prugnier, qui habite aussi « Au Boury » avec sa mère.  Ils se marieront le 25 septembre 1863 après avoir contracté un contrat de mariage auprès de Maitre Frecon Notaire à Rives de Giers. (Recherche sur ce contrat en cours)

LD- Lorette_(Loire)_-_Acièries_de_la_Marine_d'Assailly-Lorette

Aciéries d’Assailly (Loire – 42) Photo. Combier, Mâcon
Bibliothèque municipale de Lyon / B01CP42420 000003

Jean Louis est Mouleur aux Aciéries de la Marine d’Assailly-Lorette qui sont installées dans la vallée du Gier,  un des plus importants pôles industriels de France. Le métier de mouleur consiste à fabriquer un moule en se servant d’un modèle. Le moule conçu avec du sable à moules est séché dans un four. Ensuite, le métal en fusion y sera versé pour produire des moulages.

Ils auront 4 enfants, François (1865), Pierrette (1867), François Marius (1872) et Pierrette François (1879)

Pierrette François est née dans un village qui n’a existé qu’une centaine d’année: TerreNoire  (en savoir plus). C’est maintenant un quartier de Saint-Étienne.
Tout indique que la famille a déménagé de Lorette à Terrenoire, secteur où il y avait aussi deux hauts fourneaux.

Après de nouvelles recherches sur le site des archives de Saint Etienne, l’acte de naissance de Pierrette a été trouvé (ici). Jean Louis et Marie habite bien Terrenoire. Il est ouvrier à la Compagnie des Fonderies et Forges.

La date du décès de Jean-Louis et Marie est pour l’instant inconnue, cela pour deux raisons :

  • Leurs âges, le décès a probablement eu lieu au XXème siècle, période où les actes ne sont pas disponibles en ligne.
  • La Ville, il n’existe pas d’état civil pour Terrenoire et on ne sait pas dans quelle ville ils sont décédés.

Les recherches sont toujours en cours.

 

Documents complémentaires :

Copyright Mai 2015 – Reproduction des textes et photos interdites sans autorisation – JCR

 

(1) Commentaires sur les recherches généalogiques

L’état civil composé de registres d’actes civils et de tables décennales  a été conçu à  la révolution.  Chaque ville ou village dispose de tables triées par ordre alphabétique pour une période de 10 ans. Pour cette raison, il est assez facile de retrouver les individus et ainsi de reconstruire une famille complète Seule condition, que la famille n’ai pas déménagé vers un autres village. Ici nous avons retrouvé tous les enfants.

 

L’histoire de la famille Garinand 1/3

1- Mathieu Garinand > 2- André Garinand > 3- Jean Garinand > 4- François Garinand > 5- François Garinand > 6- Louis Garinand > 7- François Marius Garinand > 8- Stéphane François Garinand > 9- Jacqueline Thérèse G.

 

Génération 1 – Mathieu Garinand (1645 – 1684) Saint-Appolinard

La famille Garinand est originaire d’un petit village de la Loire : Saint-Appolinard.  Le village est situé à l’extrême sud du département, à la limite de l’Ardèche, dans une petite vallée assez bien cultivée au pied du mont Pilat.

Saint_Appolinard_(Loire)

  Saint-Appolinard (Loire) – Source Wikipédia

Les premiers registres d’état civil de cette paroisse date de 1668. Le premier ancêtre Garinand s’appelle Mathieu, il est marié à Françoise Chanal. Leurs noms apparaissent sur l’acte de naissance d’André, un de leurs enfants.

J’ai assez peu d’information sur le métier qu’il aurait exercé, la date de son mariage ou de sa naissance. Seule piste, son petit fils était cultivateur. On peut donc penser que Mathieu était aussi un paysan, cultivant seigle, avoine ou pomme de terre.

Au 17ème siècle, une des activités principales du village est l’élevage du ver à soie.  Il y a aussi quelques vignes et de bons pâturages. Les collines et les montagnes produisent le hêtre.

Ils auront minimum 5 enfants, Marie, François, Antoine, André et Claude. Par déduction, j’estime sa naissance vers l’année 1640.

 

Génération 2 – André Garinand (1681– 1750) Saint-Appolinard 

André est né le 5 février 1681 à Saint-Appolinard

L’acte de mariage avec Jeanne Pré n’est pas disponible en raison de l’absence des registres pour les années de 1696 à 1716.

Ils auront 4 enfants  Jean, Louise, Françoise et Marie. Lui-aussi sera probablement cultivateur.  Il vie encore en 1744. Son nom apparaît dans l’acte de naissance d’un de ses petits fils André. Il est son parrain.

Il décède dans ce village le 11 octobre 1754, à l’age de 73 ans

 

Génération 3 – Jean Garinand (1721– 1783) Saint-Appolinard 

Jean est né le 29 septembre 1721.  Il se marie à l’age de 22 ans avec Marie Beraud dans ce même village. L’acte de mariage daté du 22 janvier 1743 est un document très succinct de 6 lignes dans lequel on ne trouve que le nom des parents des époux.

M- Garinand & Beraud

Acte de mariage de Jean Garinand et Marie Beraud

En 1788, année de mariage de son fils François, il est noté qu’il est décédé. En consultant le registre d’état civil au départ de cette date, j’ai trouvé son acte de décès en date du 10 septembre 1783. Il est décédé à l’age de 62 ans.  C’est dans ce document que l’on apprend qu’il était cultivateur.

A cette époque, la vie n’est pas facile dans ces campagnes à cause d’une grande pauvreté et de nombreuses famines. La sécurité n’est pas assurée,  beaucoup d’aventuriers et de voleurs se cachent dans les forêts et les grottes de la région. Les routes ne sont pas sûres. Parmi eux, Mandrin pille les caisses des agents du Fisc. Sa troupe compte une centaine d’hommes. Malgré un aspect chevaleresque, là où la bande passe les violences sont sans limites. Pour toutes ces raisons, les maisons possèdent très peu d’ouvertures sur l’extérieur. Ces fenêtres sont de petites dimensions et situées hauteur. Ces maisons sont de constructions solides mais irrégulières dans leur forme et leur alignement.  Au final, le village est construit de manière désordonnée autour de son église.

Il possède  une école communale pour les garçons, dirigée par un instituteur laïque, et reçoit 40 élèves. Celle des filles, dirigée par des religieuses du Sacré-Cœur, reçoit 30 élèves.

 

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Deux frères condamnés à la prison

Voila un fait qui est assez rare dans une famille, un ancêtre et son frère condamnés, tous les deux, à de la prison.

Francois Marius Garinand: le plus jeune

François Marius est né le 2 octobre 1872 à Lorette département de la Loire. C’est l’arrière grand-père de Jacqueline. Les deux premières informations sur les condamnations se trouvent dans sa fiche militaire :

  1. Le 10 février 1897, le tribunal correctionnel de Moulins le condamne à 8 jours de prison pour violences et voies de fait.
  2. Le 3 mai 1901, le tribunal correctionnel de Saint Etienne le condamne à 1 mois de prison pour coups et blessures.

Condamnation - Garinand Francois Marius - Année 1892 - Matricule  730

 Voir la fiche militaire complète

En menant des recherches sur la presse ancienne de la Loire, j’ai trouvé trois affaires supplémentaires qui incriminent aussi un François Garinand. Voir ci-dessous la copie des articles qui sont au nombre de 4 :

Article N° 1
Le Stéphanois : Edition du 24 juin 1903 – page 3
Titre de l’article : Est-ce un fou ?

Tout était tranquille, la nuit dernière, au commissariat central de police, le brigadier de garde sommeillait, quand, vers 4 heures du matin, un nommé Garinand François, âgé de 39 ans, se présenta au bureau central. « Une bande d’individus, déclara-t-il avec un aplomb imperturbable, viennent de voler une -trentaine de mille francs à un marchand de vins du cours Fauriel.  Je viens vous en avertir, avant que les voleurs n’aient pas le temps de s’enfuir. »
Le brigadier de garde, suspectant la véracité de cette déclaration, à cause des allures bizarres de Garinaud, envoya cependant deux agents faire une enquête. Elle démontra la fausseté des dires de Garinand, qui ne parait pas jouir de ses facultés mentales.

Copie le l’article 1

Est ce un fou

Article N° 2
Le Stéphanois : Edition du 26 juin 1903 – page 3
Titre de l’article : Abus de confiance

L’administration de la Bourse du Travail de Saint Chamond déposait, il y a quelques temps, une plainte contre le nommé François Garinand, mouleur âgé de 38 ans, qui s’était emparé d’une somme de 600 francs et avait pris la fuite. Une instruction fut ouverte et M. Rageys délivrait contre Garinand, un mandat d’arrêt. Des recherches  furent faites par le service de la Sûreté et ce matin deux agents mettaient en état d’arrestation le coupable recherché.

Après interrogatoire, le coupable a été conduit au dépôt du Parquet et mis à la disposition de M. le Procureur de la République.

 ***

Article N° 3
Le Stéphanois : Edition du 9 juillet 1903 – page 3

Titre de l’article : Audience du 7 juillet 1903 – L’affaire Garinand

Il y a quelques jours venait se constituer prisonnier au bureau de la Sûreté un nommé Garinand François, ex-secrétaire de la Bourse du travail de Saint-Chamond, qui était recherché par la police. Cet individu, inculpé de vol, avait touché, étant en fonction, deux sommes de trois cents francs, destinées à la Bourse du travail, l’une votée, par le conseil général, l’autre accordée par le Gouvernement.
Des plaintes furent déposées contre Garinand. qui était venu à Saint-Etienne,et malgré un mandat d’arrêt il resta introuvable. Enfin, il alla de lui-même au commissariat central, où il se fit connaître. A l’audience Garinand a une attitude très correcte. Il avoue l’acte commis, et déclare le regretter profondément. Trois témoins viennent rappeler le volet accuse Garinand, qui, après une courte délibération du tribunal, s’entend condamner à 6 mois de prison et 5 francs d’amende.

***

Article N° 4
Journal de Vienne Edition du 9 septembre 1916 – page  2
Titre de l’article : Voleur pincé.

Mercredi après midi, le nommé Garinand François, mouleur à l’usine Michalon, se trouvait au café Maritan, rue de la Charité, il profita d’une courte absence de la patronne pour faire main-basse sur le contenu de la caisse. Mme Maritan, s’apercevant du larcin, accusa Garinand, mais celui-ci protesta énergiquement et quitta l’établissement.
La débitante le suivit à distance et près du commissariat requit l’assistance des agents qui emmenèrent Garinand au poste. Fouillé, il a été trouvé porteur de la somme volée et de plusieurs papiers qui se trouvaient dans le tiroir de la caisse. Malgré ses dénégations il a été écroué.

***

Au départ j’ai pensé qu’il s’agissait de la même personne, François Marius, le nom de famille Garinand étant assez peu répandu. Mais chez nos ancêtres, les homonymes sont très fréquents, y compris au sein d’une même famille. Dans le doute, j’ai donc continué les recherches.

La lecture des articles nous apprend que le personnage serait né en 1864 ou 1865 soit 7 à 8 ans avant la naissance de François Marius.

 

Francois Garinand : recherche

Une première recherche via les tables décennales me permet de trouver un François Garinand né en 1865. La lecture de l’acte de naissance montre qu’il a les mêmes parents que François Marius.

Mais l’acte de naissance seul ne suffit pas, le décès des enfants étant très fréquent. La thèse du décès semblait se confirmer car il m’a été impossible de retrouver la fiche de son recrutement militaire.

La presse ancienne me met sur la voie avec deux lignes sur un divorce entre Francois Garinand et Marie Louise Seyssel en 1905

Enfin, en consultants les bases de données de l’association de généalogie de la Loire je trouve le mariage entre François et Louise Claudine le 20 juin 1891.

A la lecture de l’acte, il n’y a plus aucun doute c’est bien son frère.

JCR- Copyright Mai 2015

Voir les pages complètes des journaux anciens :

Article 1  Article 2  Article 3  Article 4