Les Baudrier : une grande famille de meuniers.

Le moulin à eau Estampe réalisé par Jacques Callot graveur 1592 1635

Les Baudrier sont des ancêtres de mon grand-père Gaston Bonnet. Dans l’arbre généalogique, ils se situent dans la lignée de Caroline Beurois, sa mère. Ils ont vécu à Saint Symphorien les Ponceaux, un petit village de 80 habitants d’Indre et Loire situé à 40 km à l’ouest de Tours.

Les premiers documents que je possède permettent de remonter jusqu’en 1630*. C’est le point de départ de 6 générations de Baudrier qui vont se succéder jusqu’en  1836, lorsque Jeanne se marie avec Jean Verneau.

– Estampe Le moulin à eau réalisée par Jacques Callot graveur 1592 1635 – source Gallica-Bnf
– *Voir l’article sur les méthodes de recherches (ici)

Le métier de meunier

Estampe Le meunier par M. Schongauer 1450 1491 (source Gallica-bnf)

Estampe Le meunier par M. Schongauer 1450 1491 (Source Gallica-bnf)

Les Baudrier était une grande famille de meunier. Ce métier était très exigeant et contraignant. Il n’existait aucune formation et la relève était difficile à trouver. Pour cette raison, le savoir se transmettait très souvent de père en fils créant ainsi de grandes lignées de meuniers. Celle des Baudrier dura 170 ans.

Pour être bon meunier, Il fallait détenir certaines aptitudes : avoir une capacité d’observation au-dessus de la moyenne et être à l’affût de tous les éléments pour en tirer avantage.

Les meuniers étaient probablement très ouverts du point de vue intellectuel. Ils fabriquaient eux-mêmes toutes sortes d’inventions pour améliorer leur moulin. Ils n’avaient pas d’heure pour dormir, devant être toujours en éveil et être en permanence en communion avec le moulin.

Les moulins

Chaque village avait au moins un moulin pour alimenter la population locale car les habitants devaient se procurer de la farine sans avoir à parcourir une trop grande distance. Le meunier se contentait d’écraser les grains de blé sous la meule de son moulin et de les livrer ainsi écrasés aux ménages ou au boulanger qui se chargeaient de les bluter, c’est-à-dire de les tamiser, pour séparer la farine du son.

Moulin à eau dessiné par Bergeron (Source Gallica-bnf)

Moulin à eau dessiné par Bergeron (Source Gallica-bnf)

Plusieurs moulins à eau sont construits à proximité de Saint Symphorien les Ponceaux: les moulins de Raguin, de Parpin, de Gruais et le moulin Jeannot. Ils sont tous édifiés sur la Roumer, un affluent de la Loire.

Les moulins n’appartenaient pas aux meuniers. Le sujet est un peu complexe. Il se rattache à l’histoire des droits sur la propriété des cours d’eau, aux coutumes locales et à la solidarité d’une communauté d’habitants unis pour les mêmes besoins. Les moulins dont le coût d’exploitation est très important appartenaient soit à une seigneurie, soit une communauté d’habitants soit aux deux par indivision. En pratique ce sont toujours les communautés qui les administraient.

La lignée Baudrier

Dans la famille Baudrier, le premier meunier connu est Pierre, marié à Urbanne Marchand et né vers les années 1630. Ils se marieront dans les années 1660 et auront 6 enfants : Marie, Pierre, Alexandre, René, Louis, Anne et François.

Le meunier de la génération 2 sera Pierre né dans les années 1670. Il se mariera avec Renée Lambert le 1 juillet 1710. Ils auront 4 enfants : Jeanne, Pierre, François et René.

Le troisième sera Antoine. Il se mariera avec Madeleine Lebert le 21 février 1735. Ils auront trois enfants : Pierre-Jean, Antoine et Etienne.

Le quatrième sera Pierre-Jean. Il épousera Anne Porcher le 26 juin 1770. Ils auront 4 enfants : Anne, Michel, Marie et Catherine.

Le cinquième et dernier meunier de cette lignée sera Michel. Jeanne Lebert deviendra sa femme le 9 juin 1803. Une fois marié, Michel quittera le moulin pour devenir cultivateur à Rillé, un village de la région. Il auront 3 enfants : Auguste, Jeanne et Anne.

Jeanne sera la dernière Baudrier. Elle se mariera avec Jean Verneau le 23 novembre 1836. Jean et Jeanne étaient les arrière-grands-parents de mon grand-père Gaston.

Ces cinq générations de meuniers exerceront dans un des quatre moulins de Saint Symphorien ou Avrillé.

Jean-Claude

Copyright : Janvier 2016 – reproduction interdite des textes et photos interdite sans autorisation de l'auteur.

Source :

-Archive de l'Indre et Loire site internet
-Site internet de la meunerie française - histoire
-Site patrimoine Pointe Claire - Mission de recherche (pdf)
-Site les Moulin de Touraine - un moulin d'Avrille  
-La communauté des moulins et des fours au Moyen-âge par Paul Viollet(1840-1914) - Gallica Bnf

Les métiers de nos ancêtres

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Sur les 1000 ancêtres de la base “généalogie”, je dispose pour 300 d’entre eux d’informations sur leurs profession.

Le nombre est assez important pour avoir une idée de l’origine sociale de nos ancêtres

Le premier tableau donne un résumé par secteur d’activité. On notera que la moitié de nos ancêtres venaient des métiers de la terre.

Secteur d'activité
Nbre d'Ancêtres
Total299
Métier de la terre
146
Textile / Habillement65
Construction30
Industrie14
Commercant11
Militaire6
Administration9
Alimentation Restauration8
Artiste3
Médecine
1
Divers6

Le second tableau donne plus de précisions pour les métiers de la terre ou je détaille le nombre d’ancêtres par profession.

Les métiers de la terre

ProfessionNbre d'AncêtresDescription
Total Général146
Bêcheur4Ouvrier employé dans l'exploitation d'une tourbière. Il extrayait les pains de tourbe employés ensuite comme engrais ou chauffage à l'aide d'une pelle spéciale appelée louchet à aile.
Closier1Petit Métayer.
Boiseur1Mineur étayant les galeries avec des bois.
Garde-chasse2Personne chargée de faire respecter les lois et les règlements sur la chasse, la faune et la flore.
Garde-champêtre1Fonctionnaire communal chargé des affaires courantes de police.
Laboureur18Agriculteur, cultivateur locataire d'une métairie
Vigneron18Vigneron
Journalier41Ouvrier agricole employé à la journée. Manœuvre.
Manouvrier14Ouvrier agricole employé à la journée. Manœuvre.
Meunier8Artisan qui moud le grain dans un moulin à vent ou à eau pour en faire de la farine.
Ouvrier agricole12Ouvrier agricole.
Fermier4Personne qui payait une somme à un propriétaire pour en exploiter son bien ou sa charge.
Berger4Personne qui garde les moutons mais aussi les oies, vaches, cochons et en général tous les animaux de la ferme quand ils sont dans les pacages et pâtures.
Métayer1Agriculteur exploitant une terre avec les matériels et animaux du propriétaire et partageant de moitié avec lui les fruits de son labeur. Les métairies pouvaient être assez importantes et l'exploitation pouvait aller jusqu'à 50 ha.
Valet de charrue1Ouvrier agricole.
Ménager16Agriculteur petit propriétaire.

Les prochains messages donneront des précisions sur les autres secteurs d’activité ainsi qu’une répartition par nom de famille.

Source image :

Estampe : “Le marchand de gâteaux” – Baptiste, Sylvestre Martin (1791-1859) –
Bibliothèque Nationale de France