Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Pages 18 et 19


Carnet tenu par Delesalle G. lors de la guerre 14-18.
page 18 et 19 sur 40

Note sur le mode de transcription :
– Pour plus de confidentialité, le nom des habitants est masqué (xxx)
– En fin de page, pour une bonne compréhension du texte, les phrases sont complétées.

 Lien vers les pages 16 et 17  –  Lien vers les pages 20 et 21.

page 18-19

Page 18(gauche)Page 19 (droite)
le 16 septembre retour aux tranchées
le 17 blessé par une balle
à l'épaule. Le 18 à 7 heures les
Allemands font sauter une
mine et xxxxx une attaque
sur la gauche. Pendant 2
heures nous sommes sous
l'impression que nous allons
être attaqué. C'est la première
fois que je constate un
bombardement aussi pénible, je ne
m'attendais pas à en sortir indem, enfin
tout se calme. La 8ème compagnie à
beaucoup souffert. Le 19, bombardements
violents sur notre droite. Le 21, nous
sommes remplacés par des anglais.
Nous quittons Proyard le 22 pour
Marcelcave, j'ai la bonne fortune
d'avoir un lit que je dois
abandonner à 3 heures du matin
pour prendre le train qu'à 8 h.
pour Frévent ou nous débarquons
pour aller cantonné à Leportel.
Départ en autobus pour Wanquetin.
Campé pendant deux jours dans
une pâture. Alerte à 3 heures du matin
pour se diriger sur Petit Servin
ou nous campons dans un bois.
Le 29, départ à 7 h. 30 pour
Béthonsart ou nous arrivons après
une marche très pénible
à 24 h. Le 2 octobre
campe à La Comté que nous quittons
à 15 h. pour Barlin. Ma section
et moi, nous dormons dans la salle
des machines de la fosse N°7.
J'ai la chance de prendre un bain.

 

L’histoire de la famille Garinand 3/3

Génération 7– François Marius (1872 – 1925) Saint Etienne 

François Marius est né le mercredi 2 octobre 1872 à Lorette (Loire). Durant son enfance, la famille se déplacera sur divers sites du département où son père sera employé dans les usines de métallurgie : Lorette, Terrenoire, Saint-Chamond.

N8427374_JPEG_26_26DMA 21 ans, habitant à Saint-Chamond avec ses parents, il effectuera son service militaire. Il sera affecté au 10ème régiment de chasseurs pour une durée de 3 ans de 1893 à 1896. (1) Après son service, on trouve sa trace à Montluçon puis à Marseille. Nous passons rapidement sur les condamnations qu’il a eues et qui ont fait l’objet d’un article spécial dans notre blog. (A lire ici)

Il revient à Saint-Chamond en 1901 et se marie avec Julie Joséphine Ager… le 27 juillet 1901. Ils partiront ensuite s’installer à Saint Etienne. Leurs deux enfants, Edmée et Stéphane naissent en 1902 et 1904. (2)

 

En 1911 on retrouve François Marius dans un recensement du canton sud Est de Saint Etienne. Il habite au N° 61 de la rue César Bertholon avec sa mère Marie et son fils Stéphane. Mais sa femme Joséphine Julie et sa fille Edmée ne sont pas citées. Est-ce une erreur ou sont-ils séparés ? Des recherches sont toujours en cours. A cette date, François Marius a 38 ans et exerce le métier de Fraiseur.

Recensement 1911 Saint Etienne

Recensement 1911 Saint Etienne – Source archive de Saint Etienne

Lorsque la guerre 14-18 éclate, il est rappelé dans le groupe territorial du 36ème d’artillerie. Mais le 12 janvier 1915, la commission de réforme de Saint Etienne le place dans le Service Auxiliaire (3). Il est alors muté dans les aciéries de la Marine. Le 4 juin 1917, alors que la guerre n’est pas terminée, il est renvoyé dans ses foyers et se retire à la Valla en Gier dans la Loire

Ensuite, on perd sa trace. Seul repère, en 1928, lors du mariage de son fils Stéphane, il est décédé. L’acte de mariage pourrait peut-être nous apporter quelques informations supplémentaires. Demande en cours.

 

Génération 8– Stéphane François (1904 – 1932) Saint Etienne 

Stéphane, le grand-père de Joane, est né à Saint Etienne, cours Fauriel, le 13 septembre 1904. Il décédera d’une Pneumonie en 1932 à l’âge de 28 ans.

Nous arrivons à une période ou les documents ne sont pas en ligne afin de protéger la vie privée des diverses personnes. Un Post lui sera consacré dès que j’aurai plus d’informations. 

Copyright Mai 2015 – Reproduction des textes et photos interdites sans autorisation – JCR

 

Informations complémentaire :

(1) A cette période le service national était de 3 ans mais la loi sur le recrutement du 15 juillet 1889 stipulait dans son article 37 :
« Tout Français reconnu propre au service militaire fait partie successivement :
  – De l’armée active pendant trois ans
  – De la réserve de l’armée active pendant dix ans
– D
e l’armée territoriale pendant six ans
  – De la réserve de l’armée territoriale pendant six ans. »
Soit un total de 25 ans ! 

(2) Stéphane est le Grand Père maternel de Joane. 

(3) Le service Auxiliaire :
Tout homme reconnu par le conseil de révision incapable de faire un bon service actif dans l’armée est classé dans le service auxiliaire. En cas de guerre, il est alors destiné à compléter les divers services de l’armée et peut, le cas échéant, être mis à la disposition de l’industrie privée pour l’exécution de travaux relatifs à l’armée.
Source : Page 81 de l’Extrait du Traité pratique du recrutement et de l’administration de l’armée française par A. Andréani – 1889

 

Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Pages 16 et 17

Carnet tenu par Delesalle Gustave, Joseph, lors de la guerre 14-18.
page 16 et 17 sur 40

Note sur le mode de transcription :
– Pour plus de confidentialité, le nom des habitants est masqué (xxx)
– En fin de page, pour une bonne compréhension du texte, les phrases sont complétées.

 Lien vers les pages 14 et 15  –  Lien vers les pages 18 et 19.

page 16-17

Page 16(gauche)Page 17 (droite)
malgré l'affolement je puis
le faire transporter au poste
de secours. J'ai appris depuis
que tous ???????
Le 10 Août, nouveau départ pour
6 jours aux tranchées, trois périscopes
de brisé aux mains des guetteur
pendant 2 nuits nous allons poser des
fil de fer et des piquets à 80 mètres
de la tranchée, je perd l'orientation
et manque de me diriger vers les
tranchées ennemis. Le 16 repos pour
6 jours à Proyard
22 Août retour aux tranchées, le
25 les allemands font
sauter une mine et en même temps
nous lance des torpilles et des obus
nous répondons, mes
hommes se réfugient aus abris
de bombardement, je reste avec les
guetteurs dans la tracnchée, pendant
3/4 heures c'est terrible, à tout
instant je m'attends à une attaque
impossible de voir à plus de 30
mètres, toutes la fumée est dense
enfin tout se calme, il n'y a pas
de perte chez nous. Le lendemain
nous renvoyons une trentaine de
torpilles, il ne réponde que
très peu. Repos 6jours à Proyart
J'ai l'occasion de rencontrer Charles
Glys mon neveu. Le 3.7 retour aux
tranchées, pluie et bombardements
5 septembre 1915, je suis nommé adjudant
à ma compagnie. Je conserve ma section

Document complémentaire :

Fiche du registre d’incorporation de Delesalle Gustave

L’histoire de la famille Garinand 2/3

1- Mathieu Garinand > 2- André Garinand > 3- Jean Garinand > 4- François Garinand > 5- François Garinand > 6- Jean-Louis Garinand > 7- François Marius Garinand > 8- Stéphane François Garinand > 9- Jacqueline Thérèse

Mise à jour le 16 mai 2015

 

Génération 4 – François Garinand (1752 – 1824) Hameau du Buisson – Véranne

François Garinand est né vers les années 1752. Malgré une importante recherche dans les registres, il n’a pas été possible de trouver son acte de naissance.

Il se marie le 29 janvier 1788 à l’âge de 36 ans  avec Marguerite Rivory, âgée de 27 ans. Le mariage a lieu à Véranne (Loire) distant de Saint-Appolinard de 4 Km. Véranne est situé au pied du Mont Pilat (1432 m).  Ce village de piémont de 700 habitants est composé de très nombreux hameaux. François et Marguerite habiteront celui du Buisson où il  sera cultivateur.

LD-Mont Pilat 1

Vue sur la Vallée de Véranne depuis le Mont Pilat
Photo réalisée par Christophe SZYMCZAK – Flickr.com.

 Le secteur est constitué de grands bois et forêts, de pentes aux eaux abondantes et de nombreuses cascades. La commune reste très isolée, les habitants vivent en autarcie avec leurs propres productions.

Leur fils, François, est né le 7 germinal de l’XII qui correspond au 28 mars 1804.
Marguerite décède le 25 janvier 1821 et François 3 ans plus tard, le 18 décembre 1824 à l’âge de 72 ans.

.

Génération 5 – François Garinand (1804 – 1824) Saint Paul en Jarez

François, né le 28 mars 1804, quittera la région (probablement à la mort de ses parents) pour aller vers une agglomération plus industrialisée.  Il choisira Saint Paul en Jarez, un  village de 3400 habitants près de Saint-Chamont, situé à une trentaine de kilomètres de Véranne.

Il s’y marie le 19 janvier 1830 avec Jeanne Marie Revol. Ils habiteront Saint Paul en Jarez où il exercera le métier de menuisier et auront sept enfants (1) :

  1. Marie-Anne née en 1833, probablement décédée avant l’âge de 3 ans
  2. Marie-Anne née en 1836 (reçoit le même prénom que sa sœur décédée)
  3. Gabrielle née en 1838
  4. Jean-Louis né en 1840 (ancêtre de notre famille)
  5. Benoîte née en 1842
  6. François née en 1844
  7. Pierre née en 1847

Jeanne Marie décède en 1858 à l’âge de 48 ans. François décède 3 ans plus tard à l’âge de 57 ans.

 

Génération 6 – Jean-Louis Garinand (1752 – 1824) Saint Paul en Jarez

 Jean-Louis est né le dimanche 19 janvier 1840 et passe toute son enfance « Au Boury » de Saint Paul en Jarez. Il y connaîtra Marie, fille naturelle d’Armelle Prugnier, qui habite aussi « Au Boury » avec sa mère.  Ils se marieront le 25 septembre 1863 après avoir contracté un contrat de mariage auprès de Maitre Frecon Notaire à Rives de Giers. (Recherche sur ce contrat en cours)

LD- Lorette_(Loire)_-_Acièries_de_la_Marine_d'Assailly-Lorette

Aciéries d’Assailly (Loire – 42) Photo. Combier, Mâcon
Bibliothèque municipale de Lyon / B01CP42420 000003

Jean Louis est Mouleur aux Aciéries de la Marine d’Assailly-Lorette qui sont installées dans la vallée du Gier,  un des plus importants pôles industriels de France. Le métier de mouleur consiste à fabriquer un moule en se servant d’un modèle. Le moule conçu avec du sable à moules est séché dans un four. Ensuite, le métal en fusion y sera versé pour produire des moulages.

Ils auront 4 enfants, François (1865), Pierrette (1867), François Marius (1872) et Pierrette François (1879)

Pierrette François est née dans un village qui n’a existé qu’une centaine d’année: TerreNoire  (en savoir plus). C’est maintenant un quartier de Saint-Étienne.
Tout indique que la famille a déménagé de Lorette à Terrenoire, secteur où il y avait aussi deux hauts fourneaux.

Après de nouvelles recherches sur le site des archives de Saint Etienne, l’acte de naissance de Pierrette a été trouvé (ici). Jean Louis et Marie habite bien Terrenoire. Il est ouvrier à la Compagnie des Fonderies et Forges.

La date du décès de Jean-Louis et Marie est pour l’instant inconnue, cela pour deux raisons :

  • Leurs âges, le décès a probablement eu lieu au XXème siècle, période où les actes ne sont pas disponibles en ligne.
  • La Ville, il n’existe pas d’état civil pour Terrenoire et on ne sait pas dans quelle ville ils sont décédés.

Les recherches sont toujours en cours.

 

Documents complémentaires :

Copyright Mai 2015 – Reproduction des textes et photos interdites sans autorisation – JCR

 

(1) Commentaires sur les recherches généalogiques

L’état civil composé de registres d’actes civils et de tables décennales  a été conçu à  la révolution.  Chaque ville ou village dispose de tables triées par ordre alphabétique pour une période de 10 ans. Pour cette raison, il est assez facile de retrouver les individus et ainsi de reconstruire une famille complète Seule condition, que la famille n’ai pas déménagé vers un autres village. Ici nous avons retrouvé tous les enfants.

 

L’histoire de la famille Garinand 1/3

1- Mathieu Garinand > 2- André Garinand > 3- Jean Garinand > 4- François Garinand > 5- François Garinand > 6- Louis Garinand > 7- François Marius Garinand > 8- Stéphane François Garinand > 9- Jacqueline Thérèse G.

 

Génération 1 – Mathieu Garinand (1645 – 1684) Saint-Appolinard

La famille Garinand est originaire d’un petit village de la Loire : Saint-Appolinard.  Le village est situé à l’extrême sud du département, à la limite de l’Ardèche, dans une petite vallée assez bien cultivée au pied du mont Pilat.

Saint_Appolinard_(Loire)

  Saint-Appolinard (Loire) – Source Wikipédia

Les premiers registres d’état civil de cette paroisse date de 1668. Le premier ancêtre Garinand s’appelle Mathieu, il est marié à Françoise Chanal. Leurs noms apparaissent sur l’acte de naissance d’André, un de leurs enfants.

J’ai assez peu d’information sur le métier qu’il aurait exercé, la date de son mariage ou de sa naissance. Seule piste, son petit fils était cultivateur. On peut donc penser que Mathieu était aussi un paysan, cultivant seigle, avoine ou pomme de terre.

Au 17ème siècle, une des activités principales du village est l’élevage du ver à soie.  Il y a aussi quelques vignes et de bons pâturages. Les collines et les montagnes produisent le hêtre.

Ils auront minimum 5 enfants, Marie, François, Antoine, André et Claude. Par déduction, j’estime sa naissance vers l’année 1640.

 

Génération 2 – André Garinand (1681– 1750) Saint-Appolinard 

André est né le 5 février 1681 à Saint-Appolinard

L’acte de mariage avec Jeanne Pré n’est pas disponible en raison de l’absence des registres pour les années de 1696 à 1716.

Ils auront 4 enfants  Jean, Louise, Françoise et Marie. Lui-aussi sera probablement cultivateur.  Il vie encore en 1744. Son nom apparaît dans l’acte de naissance d’un de ses petits fils André. Il est son parrain.

Il décède dans ce village le 11 octobre 1754, à l’age de 73 ans

 

Génération 3 – Jean Garinand (1721– 1783) Saint-Appolinard 

Jean est né le 29 septembre 1721.  Il se marie à l’age de 22 ans avec Marie Beraud dans ce même village. L’acte de mariage daté du 22 janvier 1743 est un document très succinct de 6 lignes dans lequel on ne trouve que le nom des parents des époux.

M- Garinand & Beraud

Acte de mariage de Jean Garinand et Marie Beraud

En 1788, année de mariage de son fils François, il est noté qu’il est décédé. En consultant le registre d’état civil au départ de cette date, j’ai trouvé son acte de décès en date du 10 septembre 1783. Il est décédé à l’age de 62 ans.  C’est dans ce document que l’on apprend qu’il était cultivateur.

A cette époque, la vie n’est pas facile dans ces campagnes à cause d’une grande pauvreté et de nombreuses famines. La sécurité n’est pas assurée,  beaucoup d’aventuriers et de voleurs se cachent dans les forêts et les grottes de la région. Les routes ne sont pas sûres. Parmi eux, Mandrin pille les caisses des agents du Fisc. Sa troupe compte une centaine d’hommes. Malgré un aspect chevaleresque, là où la bande passe les violences sont sans limites. Pour toutes ces raisons, les maisons possèdent très peu d’ouvertures sur l’extérieur. Ces fenêtres sont de petites dimensions et situées hauteur. Ces maisons sont de constructions solides mais irrégulières dans leur forme et leur alignement.  Au final, le village est construit de manière désordonnée autour de son église.

Il possède  une école communale pour les garçons, dirigée par un instituteur laïque, et reçoit 40 élèves. Celle des filles, dirigée par des religieuses du Sacré-Cœur, reçoit 30 élèves.

 

Copyright Mai 2015 – Reproduction des textes et photos interdites sans autorisation – JCR