Recherches : créer un véritable tableau de bord

Introduction

Comme tous les généalogistes, j’ai consulté ces dernières années beaucoup de registres d’état civil. En pratique, j’ai toujours été confronté au même problème, l’absence d’une vue d’ensemble, un vrai tableau de bord pour guider mes investigations.

Trouver un acte d’état civil demande souvent d’étendre la recherche à l’entourage de la personne et dans ce cas, ce document est réellement nécessaire afin de pas oublier une piste. Les logiciels de généalogie ne proposent pas toujours ce type de solution car ils sont souvent axés sur l’ancêtre lui-même.

Pour ma part, j’ai résolu ce problème en utilisant un logiciel de type Tableur.

Le document de base

J’ai choisi le logiciel Excel* de Microsoft, une application que je connaissais déjà avec lequel j’ai créé un document de 15 colonnes qui sont détaillées ci-dessous :

  1. Date à laquelle a été faite la recherche.
  2. Département où se trouve les archives.
  3. Liste des villages qui ont fait l’objet d’une recherche.
  4. Type de document consulté.
  5. Période correspondante au document en question.
  6. 9 colonnes pour les divers noms de famille recherchés.
  7. Résultats de la recherche.

*Il en existe bien d’autre comme le tableur Google Sheets

Cliquez sur l’image pour lire le tableau.
Chaque ligne correspond à une recherche sur un registre. Signification des couleurs de ligne :
Noir = résultat négatif – Vert = résultat positif – Rouge = registre indisponible

A cela s’ajoutent des informations via des commentaires qui prennent la forme d’un petit triangle rouge. On peut y inscrire des annotations comme :

  • Un petit historique de la recherche sur la dite personne
  • Une information sur le registre comme inexistant, pas encore disponible, a été contrôlé deux fois (pour lever un doute), etc.

J’ai ensuite ajouté deux couleurs de lignes :

  1. Le vert lorsque le résultat est positif.
  2. Le rouge lorsque le registre n’est pas disponible.
  3. Par défaut le noir est un résultat négatif.

Une variante pour les enfants

Lorsque les actes sont difficiles à trouver, il est nécessaire de passer par les enfants. On trouvera souvent la liste de ces derniers dans les recensements. Il est alors possible de créer une seconde feuille. (reliée aux parents situés sur la première feuille). Le document est conçu avec les colonnes suivantes :

  1. Date à laquelle a été faite la recherche.
  2. Département où se trouve les archives.
  3. Liste des villages qui ont fait l’objet d’une recherche.
  4. Type de document consulté.
  5. Année de naissance calculée à partir du recensement.
  6. Période étudiée
  7. Nom de Famille.
  8. Prénom de l’enfant.
  9. Résultats.
  10. Date de naissance trouvée.

Pour éviter de confondre le document avec celui des parents, le visuel couleurs est different

L’objectif et la méthode

6 actes de décès manquant

Mes recherches ont été orientées pendant longtemps sur mes ancêtres les plus anciens. Puis récemment, j’ai changé d’objectif : reprendre ma généalogie depuis le début afin de rechercher tous les actes manquants. J’ai pris comme point de départ mes grands-parents en commençant par mon grand-père maternel Bonnet Gaston Edmond. L’édition de ses ascendants sur 5 générations montre l’absence de 6 actes de décès.

Les recherches ayant déjà été effectuées, sans aucun résultat, l’exercice s’annonce particulièrement difficile. Vouloir compléter sa généalogie de manière à avoir l’intégralité des informations n’est pas toujours facile, entraînant parfois un découragement. Ce tableau de bord, va me permettre de noter de manière très rigoureuse le résultat de mes recherches. Ensuite en analysant la situation en fonction des résultats, positifs ou négatifs, je pourrai orienter mes investigations.

 Mes résultats.

Sur les 6 actes manquants, j’ai choisi de commencer par les 4 dates de la branche Beurois. Avec l’aide de ce tableau de bord, j’ai pu orienter progressivement mes recherches et finir par trouver 3 dates de décès sur 4.

3 actes trouvés

  • Au 46ème registre j’ai trouvé la date de décès de Victor Beurois, le 14 juillet 1915 à Rillé
  • Au 76ème celle de Jean Verneau le 19 décembre 1894 à Hommes.
  • Au 97ème celle de Jeanne Baudrier, le 14 janvier 1884 à Channay sur Lathan.

En tout, ce sont 105 tables ou recensements qui ont été contrôlés et notés.

Pour le 4ème acte, celui de Louise Verneau, la recherche a été beaucoup plus compliquée. L’acte de décès de son mari Victor Beurois, le 15 juillet 1915, mentionne qu’elle est vivante. Elle aurait donc 73 ans. Cette information me permet de calculer une plage de recherche que je fixe entre 1903 et 1930.

Sur mon tableau de bord, j’effectue un tri avec 3 données : Les ancêtres de manière à rassembler toutes les recherches déjà effectuées sur Louise Verneau. – Puis les villages pour les avoir par ordre alphabétique – Enfin les periodes pour les avoir de manière croissante.

On trouve ici tout l’intérêt de ce tableau de bord. Il me montre que pour certains villages, certaines périodes n’ont pas été vérifiées. Je vais pouvoir combler ce manque et ensuite orienter mes recherches sur d’autres villages. Malheureusement, je n’obtiens aucun résultat et la date de décès de Louise m’est toujours inconnue.
Une possibilité serait qu’après la mort de son mari, elle soit partie vivre avec un de ses enfants, Mes recherches s’orientent donc de ce coté. Je crée donc une nouvelle feuille sur laquelle je liste le nom des enfants et leurs années de naissance, informations que j’ai trouvées sur les recensements. J’inclus aussi les villages et les périodes concernés, L’idée est de trouver les actes de mariage des enfants afin de savoir s’il a été noté le décès de Louise. J’espère trouver un mariage avec une date postérieure à 1915.

Le document me permet de mettre, immédiatement, en corrélation les villages cités dans les recensements et les dates de naissance afin d’orienter mes recherches. Les résultats sont rapides, je trouve les dates de naissances suivantes :

  • Victor Beurois né le 15 mai 1867 à Rillé
  • Théophile Beurois né le 29 mai 1869 à Rillé
  • Louise Beurois née le 10 février 1871 à Rillé
  • Marie Beurois née le 3 février 1874 à Channay sur Lathan
  • Victorine Beurois née le 09 avril 1876 à Channay sur Lathan
  • Auguste Beurois né le 12 décembre 1877 à Hommes
  • Louis Beurois né le 07 octobre 1879 à Hommes
  • Alfred Beurois né le 19 juin 1881 à Hommes
  • Caroline Beurois née le 03 janvier 1885 à Continvoir
  • René Beurois né le 22 juin 1886 à Continvoir
  • Louis Beurois né le 10 février 1893 à Hommes

A l’aide de ces informations, je calcule que tous ces mariages ont pu avoir lieu entre 1883 et 1932. Malheureusement, durant cette période, aucun enfant ne s’est marié dans ces villages. Pour Louise Verneau, je n’ai plus de piste, je reprendrai donc cette recherche plus tard, une fois que de nouveaux registres seront en ligne J’enregistre le fichier Excel afin de conserver toutes les étapes de ces investigations. En attendant, je continue l’examen des registres pour les deux dernières dates manquantes, celle de Jean Bonnet & Marie Ouizille.

Jean Claude ROMON

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Pour les visiteurs qui effectuent des recherches :

Pour le couple Victor Beurois et Louise Verneau et leurs enfants (voir liste ci-dessus), les recherches ont été effectuées de 1883 à 1932 dans les villages suivants :

Indre et Loire : Avrillé les Ponceaux, Benais, Channay sur Lathan, Château-la-Vallière- Cléré-les-Pins, Continvoir, Courcelles-de-Touraine, Gizeux, Hommes, Noyant-Villages, Rillé, Saint-Laurent-de-Lin, Saint-Symphorien, Savigné-sur-Lathan, Villiers-au-Bouin.
Maine et Loire : Breil, Courleon, Parcay les pins

Beaucoup de fausse piste et un seul résultat le mariage de Théophille le 9 mars 1896 à Savigné sur Lathan (37), acte qui n’apporte aucune information sur le décès de Louise car datant d’avant 1915.

Les ascendants de Gaston Bonnet sur 5 générations sont :
Gaston Edmond BONNET, Louis Edmond BONNET, Caroline Augustine BEUROIS, Louis Pierre BONNET, Estelle Stéphanie ROBILLARD, Victor BEUROIS, Louise Antoinette VERNEAU, Louis Victor BONNET, Victoire Virginie PAILLERET, Germain Xavier ROBILLARD, Marie Anne Sophie ROUX, René BEUROIS, Marie MORISSEAU, Jean VERNEAU, Jeanne BAUDRIER, Jean Pierre BONNET, Marie Claude OUIZILLE, Jean Tiburce PAILLERET, Marie Virginie PAULLARD, Jean Louis ROBILLARD, Marie Rose CHIGANNE, Jean Nicolas ROUX, Marie Anne Sophie BRETTE, François BEUROIS, Marie VINCELOT, Martin Charles MORISSEAU, Madeleine TESSIER, Pierre VERNEAU, Marie ROBIN, Michel BAUDRIER, Jeanne LEBERT

Lignée Bonnet : L’histoire des Beurois.

Caroline Beurois (Période : 1880– 1940)

Caroline Beurois est mon arrière grand-mère. Elle était mariée à Louis Bonnet, mort à la guerre 14-18 (voir post ici)

Caroline est née le 4 janvier 1885 à Continvoir, un petit village de l’Anjou d’environ 800 habitants. Mais en réalité, elle passera toute son enfance à Hommes, un village voisin composé d’une cinquantaine de hameaux ou de fermes et entouré de grandes forêts.

Elle vivait à la “La Fourrerie”, un ancien fief relevant du duché de Château Lavalière , avec ses parents Victor et Louise, ses nombreux frères et sœurs ainsi que plusieurs domestiques*. Ses parents étaient cultivateurs.

En 1901, le recensement ne la cite plus avec ses parents. Elle a dû partir vers d’autre horizon, elle n’a pas 16 ans.

En 1905 elle vit à Paris où elle donne naissance le 3 Octobre à mon grand père, Gaston. Elle n’est pas encore mariée à Louis. Il est absent car il a dû partir faire son service militaire. Il sera incorporé à Verdun, quelques jours après la naissance de son fils, le 8 Octobre.

L’année suivante, le 16 octobre 1906, ils se marieront, Louis ayant été libéré un mois plus tôt. Elle est domestique, lui cordonnier et vivent à Paris au 17 de la rue Duvivier, dans le 7ème, pas très loin de la Tour Effel. En 1908, ils auront un deuxième enfant, André.

En 1917, Louis est tué « face à l’ennemi ». Caroline recevra alors une pension de 900 Frs + 600 Frs pour les enfants, ce qui correspond au salaire d’un ouvrier spécialisé. Gaston et André ont alors 12 et 9 ans. La famille habite Jouy en Josas et y restera une dizaine d’année.

Ensuite, il semble que Caroline ait suivi son fils Gaston, tout d’abord au Havre de 1930 à 1939, puis à l’Etang de Berre, près de Marseille.

En 1942, peu de temps avant l’invasion de la zone sud par les allemands qui eut lieu en novembre, mon grand-père est muté à l’usine Breguet de Toulouse. De mémoire familiale, l’arrivée des Allemands (rappelant la mort de son mari) causa à Caroline un chagrin tel qu’elle mourût quelques mois plus tard, le 25 mai 1943 à l’âge de 58 ans.
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Les parents de Caroline (Période : 1840 – 1920)

Victor Beurois et Louise Verneau sont nés tous les deux dans cette même région d’Anjou. Lui verra le jour le 2 décembre 1839 à Gizeux et elle, le 7 février, 1842 à Rillé. Ils se sont mariés le 28 mai 1866 à Continvoir et auront 11 enfants.

Après leur mariage, impossible de  pendant une dizaine d’année. Je les retrouve à Hommes en 1881. Ils sont cultivateurs et habitent une grande ferme “La Parmencelle”. Les terres sont d’une richesse assez moyenne dont une partie est encore en friche. Argileuse et tourbeuse elles sont difficiles  assainir.

7 enfants de 3 à 15 ans sont nés, 4 garçons (Victor, Théophile, Auguste, Louis) et 3 filles ( Marie, Victorine, Caroline). Ils ont aussi 9 domestiques* qu’ils hébergent. Sur le recensement de 1886 (page 29), Il est noté qu’ils habitent “La Fourrerie” avec tout autant de domestiques*. Caroline a alors 1 an. Ils y resteront jusqu’aux années 1900.

En 1901, presque tous les enfants sont partis. Ils ont changé de ferme et sont à “La Guérinerie”. Victor et Louise y vivent avec leurs deux derniers enfants et toujours 7 domestiques*. Quelques années plus tard, ils vendront (ou loueront) la ferme à Mme Herbert qui les emploiera encore quelques années comme journalier et cuisinière.

Après 1911, les documents sont introuvables. Je ne sais pas où ils sont décédés, probablement dans un village voisin, chez un de leurs enfants.
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René Beurois et Marie  Morisseau, les parents de Victor (Période : 1800 – 1880)

Les parents de Victor sont originaires du même secteur. Lui est né en 1801 à Gizeux et elle à Bourgeuil en 1799. C’est dans ce village qu’ils se marieront le 17 novembre 1823 à l’âge de 22 et 23 ans. Ils auront 12 enfants.

Ils passeront une grande partie de leur vie à Gizeux où lui-aussi sera cultivateur. Les recensements de 1836 et 1841 ne précisent pas l’adresse mais celui de 1846 indique le nom de “La Chaubruère”, ancien fief, relevant de la châtellenie de Gizeux et du Mur-au-Pieu.

15 ans plus tard, en 1861, ils déménagent et vont à Continvoir. Ils vivent à la ferme “Le Soucheau” avec leurs trois derniers enfants et 3 domestiques* âgés de 12 à 19 ans.

En 1866, René et Marie vivent seuls, propriétaire “au Bois Pincau” hameau de 14 habitants à Continvoir où Marie décèdera l’année suivante. Le recensement de 1872 cite René vivant seul “aux Bousseaux”, une ancienne propriété de la Chapelle des Ricordières.  Plus tard, il se remariera avec Silvine Gouas et passera la fin de ses jours à La Perrière, à Continvoir, ou vivent 17 habitants. Il décèdera le 27 mai 1877.
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François Beurois et Marie Vincelot, les parents de René (Période : 1760 – 1810)

J’ai assez peu de document sur François et Marie : l’acte de mariage ainsi que les actes de naissance et de décès de Marie.

L’acte de mariage nous apprend qu’ils se sont unis le 26 janvier 1790 à Parçay-les-Pins Il n’est pas précisé l’âge, seulement qu’elle était majeure et lui mineur. A cette époque la majorité était à 25 ans.

Paysans dans les champs estampe de Camille Pissarro, (1830-1903) Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie,

Paysans dans les champs estampe de Camille Pissarro, (1830-1903)
Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie,

Marie est née à Parçay-les-Pins, François à Gizeux. C’est dans ce village qu’ils ont vécu et exercé le métier de cultivateur au hameau de “La Guichardière” qui semble exister encore aujourd’hui. Ils sont morts jeunes tous les deux, François le premier puis Marie à l’âge de 46 ans le 27 septembre 1807.
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François Beurois et Ane Brosbeau, les parents de François (Période : 1730 –1810)

François et Ane, heureusement,  sont cités dans le mariage de leur fils François car je ne dispose que d’un seul document : l’acte de décès de François, le 30 octobre 1811, qui nous apporte les informations suivantes :
– François est âgé de 82 ans, ce qui place sa date de naissance en 1729.
– Ane est déjà décédée.
– Il habitait “La Guichardière”, un hameau de 30 habitants de Gizeux
– Ses parents sont nommés : François Beurois et Renée Lasnier.
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François Beurois et Renée Lagnier, les parents de François (Période : 1700 – 1750)

François et Renée sont les ancêtres les plus anciens de la famille Beurois. A ce jour, mes recherches ne m’ont pas permises de trouver de document. Ils apparaissent uniquement dans l’acte de décès de leur fils (cité ci-dessus). Je peux juste estimer leur naissance vers les années 1700.

A cette époque beaucoup de maisons sont faites de terre recouvertes de bardeaux ou de bruyère ou alors dans des caves creusées dans le tuffeau, une craie sablonneuse.

Ils ont du vivre cette affaire survenue dans les années 1693-94. Un animal féroce qui avait pour principal repaire les bois de Mouligeon et du Vau, causa de grands ravages dans les paroisses du secteur. Après avoir dévoré un grand nombre de bestiaux, elle finit par attaquer les  habitants.. Entre le 24 février 1693 et le 4 juin 1694, elle tua entre autres huit enfants, un jeune homme de dix-huit ans, et trois filles âgées de vingt et un à vingt-deux ans, dont les noms, avec l’indication de la cause de la mort, sont consignés les registres de l’état-civil.

*il y avait dans ces villages des assemblées annuelles pour la “location” de domestiques

Jean Claude

Copyright : septembre 2015 – reproduction des textes et photos interdites sans autorisation

 Sources :
– Wikipedia, l’encyclopédie libre.
– Bibliothèque Nationale de France.
– Dictionnaire géographique, historique et biographique – Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904).
– Géographie historique et descriptive de la vallée d’Anjou – M. A. Chauvigné 1897.
– Archives d’Indre et Loire, Haute Garonne
– Documents personnels

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