A la recherche des Vander Oost (2/2 – Belgique)

carte BevereA la suite des recherches françaises qui ont fait l’objet du premier article, j’ai commencé les recherches sur la Belgique avec l’arrière grand-père de Lucienne Vander Oost, Théophile. Celui-ci est né à Bevere (Oudenaarde) le 17 octobre 1849, comme indiqué sur son acte de mariage qui a eu lieu 9 octobre 1875 à Lille.

Théophile Vander Oost
(Marié à Joséphine Brasset)

Acte de naissance
Je le trouve très facilement. Il s’agit du document N°34 de l’année 1849 qui se situe à la page 357 du registre. Il est en Flamand. En dehors du nom des parents, on apprend assez peu d’information :

  • Date de naissance le 17 octobre 1849
  • Père : Pierre Mathieu Vander Oost, agriculteur, 46 ans, né à Bevere
  • Mère : Marie Thérèse Gevaert
  • Témoin 1 : Henri Souesac 26 ans
  • Témoin 2 : Ferdinand Herrebaut 34 ans, Boucher

Pierre Mathieu Vander Oost
(Marié à Marie Thérèse Gevaert)

Je n’ai plus de date précise et pour obtenir des informations sur la génération suivante, je vais partir de l’âge de Pierre Mathieu pour essayer de trouver son acte de naissance en 1803.

Acte de naissance
L’information est exacte. Il est bien né en 1803, et plus exactement le 5 ventose anXI. L’acte se trouve à la page 82 du registre et il est en français. Il contient les informations suivantes :

  • Date de naissance : 5, ventose an11 à 2h30 du matin. (24 février 1803)
  • Père : Pierre Jean Vander Oost, Jardinier
  • Mère : Pétronelle Jacqueminne Syns
  • Témoin 1 : François Vertichel, 26 ans*, cultivateu
  • Témoin 2 : Baptiste Vertichel, 23 ans*, cultivateur

* Il est dommage qu’il soit noté l’âge des témoins et pas celui des parents.

L’acte de mariage est toujours nécessaire dans une généalogie car c’est le document le plus complet, mais là aussi je n’ai pas de date. Pour le trouver, je pars du principe qu’il a pu se marier à partir de l’âge de 20 ans, soit l’année 1823. C’est la date à partir de laquelle je vais feuilleter le registre de mariage pour trouver le document.

Acte de mariage

Acte de Mariage en flamand de Pierre Mathieu Vandr Oost et Marie thérese Gevaert

Acte de Mariage en flamand de Pierre Mathieu Vandr Oost et Marie thérese Gevaert

L’acte est trouvé page 454 du registre, en novembre 1827. Il est écrit en en flamand. Voici les nouvelles indications que ce document contient :

  • Date du mariage : 28 novembre 1827.
  • Maire : Joannes Franciscus De Graye.
  • Marié : Pierre Mathieu Vander Oost, journalier, domicilié à Bevere,
  • Père du marié : Pierre Jean Vander Oost décédé à Bevere le 21 décembre 1813
  • Mère du marié : Petronelle jacqueminne Seyns, décédée à Bevere le 28 août 1824
  • Mariée : Marie Thérèse Gevaert, 27 ans, fileuse, né le 22 mars 1800 à Bevere et domiciliée dans cette ville
  • Père de la mariée : Pierre Louis Gevaert, décédé a Bevere le 15 décembre 1813
  • Mère de la mariée : Marie Sabine De Witter âgée de 50 ans, domiciliée à Bevere
  • Témoins : Ludovic Van Wynsberghe, Ludovic Gevaert, Louis Velghe et Jacob Gevaert

Actes de décès de Pierre Mathieu et Marie Thérèse
Les dates des deux décès étant notées sur l’acte de mariage* du fils, Théophile, les actes seront faciles à retrouver. Les deux documents sont en flamand. Voici les principales données qu’ils contiennent :

  • Pierre Mathieu décède le 8 avril 1862
  • Il est âgé de 59 ans et agriculteur
  • Adresse : 262, domaine Huttegem à Bevere
  • Témoins 1 : Jean Baptiste Santens, journalier, 56 ans, né et domicilié à Bevere
  • Témoins 2 : Angelus Spellers, 44 ans, scieur, né et domicilié à Bevere
  • Marie Thérèse Gevaert est décédée le 20 janvier 1864
  • Elle est âgée de 63 ans
  • Adresse : également 262, domaine Huttegem à Bevere
  • Témoin 1 : Judocus Venskoud, 46 ans, aubergiste domicilié à Bevere
  • Témoin 2 : Ferdinand Herrebaut, 38 ans, domicilié à Bevere

*Le mariage a eu lieu à Lille le 9 octobre 1875 à Lille. (voir ici)

Pierre Jean Vander Oost
(Marié à Pétronelle Jacqueminne Syens)

Pour trouver des informations sur Pierre Jean, le plus simple est de trouver son mariage. Le fils Pierre Mathieu étant né en 1803, le mariage a donc eu lieu avant. Je pars de cette année pour effectuer une recherche dans le registre page par page.

Acte de mariage
Le résultat arrive très rapidement. La cérémonie a eu lieu en 1801 et plus précisément le 30 vendémiaire an X. Par chance, l’acte est en français, voici son contenu :

  • Le mariage a eu lieu le 30 octobre 1801.
  • Pierre Jean était âgé de 68* ans, jardinier et né à Bevere le 4 juillet 1733
  • Il était veuf de Marie Catherine Aisch
  • Fils de Joseph Vander Oost, décédé et de Madeleine De Buere également décédée
  • S’est marié avec Pétronelle Jacqueminne Seyns, âgée de 37 ans, née à Bevere le 5 janvier 1764,
  • Fille de Pierre Seyns, décédé et Joséphine Boonaert, jardinière et demeurant à Bevere.
  • Témoins 1 : Joseph Seyns, 40 ans, demeurant à Bevere, frère de l’épouse, ne sait pas écrire
  • Témoins 2 : Anne Petronelle Seyns, 34 ans, demeurant à Bevere, sœur de l’épouse, ne sait pas écrire
  • Témoins 3 : François Seyns, jardinier, 38 ans, demeurant à Bevere, frère de l’épouse, ne sait pas écrire
  • Témoins 4 : Marie Thérese De Cock, 21 ans, jardinière, demeurant à Bevere,

*On notera la grande différence d’âge entre les mariés : 31 ans

Acte de naissance
Nous arrivons maintenant dans la période où l’église avait en charge l’état civil. Ces actes étaient souvent dépourvus d’information et celui de Pierre Jean, rédigé en latin, ne comporte qu’une cinquantaine de mots. J’apprends donc peu de choses.

Acte de naissance en latin de Pierre Jean Vander Oost

Acte de naissance en latin de Pierre Jean Vander Oost

  • La date du baptême qui est reprise comme date de naissance (4 juillet 1733). En réalité, « Natum heri vesperi » signifiant « né hier soir », Pierre Jean est né le 3 juillet.
  • La confirmation du nom de ses parents
  • Le nom de sa marraine : Maria Vander Oost
  • Le nom de son parrain : Stéphane Debaere.

Joseph Vander Oost
(Marié à Madeleine De Buere)

Continuant toujours avec la même méthode, je recherche le mariage de Joseph et Madeleine en partant de 1733, année de naissance de leur fils. Quelques pages plus loin, la chance me sourit encore. Je trouve l’acte le 12 mai 1731.

Acte de naissance en latin de Joseph Vander Oost

Acte de naissance en latin de Joseph Vander Oost

C’est un acte en latin d’environ 30 mots. Hormis la date, le document ne nous apprend rien. Je peux juste estimer la naissance de Joseph Vander Oost au début du 18ème siècle.

Ma dernière chance pour avancer dans la recherche des Vander Oost est de trouver l’acte de décès de Joseph qui doit se situer après l’an 1733. Heureusement, à Bevere, il existe des tables récapitulatives, sous forme d’index. Pour les décès, c’est un registre classé par ordre alphabétique. La réponse est donc très rapide. Il n’y a qu’un seul Vander Oost : Pierre Joseph. Est-ce la bonne personne ? L’acte de décès me dira que non, il s’agit d’un bébé de 8 jours.

Les recherches sur Bevere s’arrêtent là. Les Vander Oost viennent d’un autre village.

La suite des recherches va devenir longue et compliquée. Comment trouver le village en question ? La question est pour le moment sans réponse.

Les recherches sur les Vander Oost m’ont donc amené en Belgique au début du 18 siècle.

Jean Claude

Copyright - Mars 2016 -
Reproduction des textes et des photos interdites sans l'autorisation de l'auteur

Sources : Archives nationales de Belgique : http://search.arch.be/

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Lignée Bonnet : L’histoire des Beurois.

Caroline Beurois (Période : 1880– 1940)

Caroline Beurois est mon arrière grand-mère. Elle était mariée à Louis Bonnet, mort à la guerre 14-18 (voir post ici)

Caroline est née le 4 janvier 1885 à Continvoir, un petit village de l’Anjou d’environ 800 habitants. Mais en réalité, elle passera toute son enfance à Hommes, un village voisin composé d’une cinquantaine de hameaux ou de fermes et entouré de grandes forêts.

Elle vivait à la « La Fourrerie », un ancien fief relevant du duché de Château Lavalière , avec ses parents Victor et Louise, ses nombreux frères et sœurs ainsi que plusieurs domestiques*. Ses parents étaient cultivateurs.

En 1901, le recensement ne la cite plus avec ses parents. Elle a dû partir vers d’autre horizon, elle n’a pas 16 ans.

En 1905 elle vit à Paris où elle donne naissance le 3 Octobre à mon grand père, Gaston. Elle n’est pas encore mariée à Louis. Il est absent car il a dû partir faire son service militaire. Il sera incorporé à Verdun, quelques jours après la naissance de son fils, le 8 Octobre.

L’année suivante, le 16 octobre 1906, ils se marieront, Louis ayant été libéré un mois plus tôt. Elle est domestique, lui cordonnier et vivent à Paris au 17 de la rue Duvivier, dans le 7ème, pas très loin de la Tour Effel. En 1908, ils auront un deuxième enfant, André.

En 1917, Louis est tué « face à l’ennemi ». Caroline recevra alors une pension de 900 Frs + 600 Frs pour les enfants, ce qui correspond au salaire d’un ouvrier spécialisé. Gaston et André ont alors 12 et 9 ans. La famille habite Jouy en Josas et y restera une dizaine d’année.

Ensuite, il semble que Caroline ait suivi son fils Gaston, tout d’abord au Havre de 1930 à 1939, puis à l’Etang de Berre, près de Marseille.

En 1942, peu de temps avant l’invasion de la zone sud par les allemands qui eut lieu en novembre, mon grand-père est muté à l’usine Breguet de Toulouse. De mémoire familiale, l’arrivée des Allemands (rappelant la mort de son mari) causa à Caroline un chagrin tel qu’elle mourût quelques mois plus tard, le 25 mai 1943 à l’âge de 58 ans.
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Les parents de Caroline (Période : 1840 – 1920)

Victor Beurois et Louise Verneau sont nés tous les deux dans cette même région d’Anjou. Lui verra le jour le 2 décembre 1839 à Gizeux et elle, le 7 février, 1842 à Rillé. Ils se sont mariés le 28 mai 1866 à Continvoir et auront 11 enfants.

Après leur mariage, impossible de  pendant une dizaine d’année. Je les retrouve à Hommes en 1881. Ils sont cultivateurs et habitent une grande ferme « La Parmencelle ». Les terres sont d’une richesse assez moyenne dont une partie est encore en friche. Argileuse et tourbeuse elles sont difficiles  assainir.

7 enfants de 3 à 15 ans sont nés, 4 garçons (Victor, Théophile, Auguste, Louis) et 3 filles ( Marie, Victorine, Caroline). Ils ont aussi 9 domestiques* qu’ils hébergent. Sur le recensement de 1886 (page 29), Il est noté qu’ils habitent « La Fourrerie » avec tout autant de domestiques*. Caroline a alors 1 an. Ils y resteront jusqu’aux années 1900.

En 1901, presque tous les enfants sont partis. Ils ont changé de ferme et sont à « La Guérinerie ». Victor et Louise y vivent avec leurs deux derniers enfants et toujours 7 domestiques*. Quelques années plus tard, ils vendront (ou loueront) la ferme à Mme Herbert qui les emploiera encore quelques années comme journalier et cuisinière.

Après 1911, les documents sont introuvables. Je ne sais pas où ils sont décédés, probablement dans un village voisin, chez un de leurs enfants.
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René Beurois et Marie  Morisseau, les parents de Victor (Période : 1800 – 1880)

Les parents de Victor sont originaires du même secteur. Lui est né en 1801 à Gizeux et elle à Bourgeuil en 1799. C’est dans ce village qu’ils se marieront le 17 novembre 1823 à l’âge de 22 et 23 ans. Ils auront 12 enfants.

Ils passeront une grande partie de leur vie à Gizeux où lui-aussi sera cultivateur. Les recensements de 1836 et 1841 ne précisent pas l’adresse mais celui de 1846 indique le nom de « La Chaubruère », ancien fief, relevant de la châtellenie de Gizeux et du Mur-au-Pieu.

15 ans plus tard, en 1861, ils déménagent et vont à Continvoir. Ils vivent à la ferme « Le Soucheau » avec leurs trois derniers enfants et 3 domestiques* âgés de 12 à 19 ans.

En 1866, René et Marie vivent seuls, propriétaire « au Bois Pincau » hameau de 14 habitants à Continvoir où Marie décèdera l’année suivante. Le recensement de 1872 cite René vivant seul « aux Bousseaux », une ancienne propriété de la Chapelle des Ricordières.  Plus tard, il se remariera avec Silvine Gouas et passera la fin de ses jours à La Perrière, à Continvoir, ou vivent 17 habitants. Il décèdera le 27 mai 1877.
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François Beurois et Marie Vincelot, les parents de René (Période : 1760 – 1810)

J’ai assez peu de document sur François et Marie : l’acte de mariage ainsi que les actes de naissance et de décès de Marie.

L’acte de mariage nous apprend qu’ils se sont unis le 26 janvier 1790 à Parçay-les-Pins Il n’est pas précisé l’âge, seulement qu’elle était majeure et lui mineur. A cette époque la majorité était à 25 ans.

Paysans dans les champs estampe de Camille Pissarro, (1830-1903) Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie,

Paysans dans les champs estampe de Camille Pissarro, (1830-1903)
Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie,

Marie est née à Parçay-les-Pins, François à Gizeux. C’est dans ce village qu’ils ont vécu et exercé le métier de cultivateur au hameau de « La Guichardière » qui semble exister encore aujourd’hui. Ils sont morts jeunes tous les deux, François le premier puis Marie à l’âge de 46 ans le 27 septembre 1807.
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François Beurois et Ane Brosbeau, les parents de François (Période : 1730 –1810)

François et Ane, heureusement,  sont cités dans le mariage de leur fils François car je ne dispose que d’un seul document : l’acte de décès de François, le 30 octobre 1811, qui nous apporte les informations suivantes :
– François est âgé de 82 ans, ce qui place sa date de naissance en 1729.
– Ane est déjà décédée.
– Il habitait « La Guichardière », un hameau de 30 habitants de Gizeux
– Ses parents sont nommés : François Beurois et Renée Lasnier.
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François Beurois et Renée Lagnier, les parents de François (Période : 1700 – 1750)

François et Renée sont les ancêtres les plus anciens de la famille Beurois. A ce jour, mes recherches ne m’ont pas permises de trouver de document. Ils apparaissent uniquement dans l’acte de décès de leur fils (cité ci-dessus). Je peux juste estimer leur naissance vers les années 1700.

A cette époque beaucoup de maisons sont faites de terre recouvertes de bardeaux ou de bruyère ou alors dans des caves creusées dans le tuffeau, une craie sablonneuse.

Ils ont du vivre cette affaire survenue dans les années 1693-94. Un animal féroce qui avait pour principal repaire les bois de Mouligeon et du Vau, causa de grands ravages dans les paroisses du secteur. Après avoir dévoré un grand nombre de bestiaux, elle finit par attaquer les  habitants.. Entre le 24 février 1693 et le 4 juin 1694, elle tua entre autres huit enfants, un jeune homme de dix-huit ans, et trois filles âgées de vingt et un à vingt-deux ans, dont les noms, avec l’indication de la cause de la mort, sont consignés les registres de l’état-civil.

*il y avait dans ces villages des assemblées annuelles pour la « location » de domestiques

Jean Claude

Copyright : septembre 2015 – reproduction des textes et photos interdites sans autorisation

 Sources :
– Wikipedia, l’encyclopédie libre.
– Bibliothèque Nationale de France.
– Dictionnaire géographique, historique et biographique – Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904).
– Géographie historique et descriptive de la vallée d’Anjou – M. A. Chauvigné 1897.
– Archives d’Indre et Loire, Haute Garonne
– Documents personnels

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Lignée Bonnet : les Ouizille, une famille de Vigneron à Breuillet

La famille Ouizille a fait partie de nos ancêtres durant 5 générations de 1630 à 1830. Elle vécu à Breuillet, un village d’Essonne situé à 35 km au sud de Paris, puis à Frotey-Les-Lure dans la Haute Saône, village distant de plus de 400 km.

Au XVIIIe siècle, Breuillet s’appelait Brouillet et comptait environ 700 habitants. C’était alors un très grand vignoble. Lorsqu’on parcourt les registres d’état civil de cette période, on trouve le métier de vigneron dans presque tous les actes. La vigne occupait la grande majorité de la population. D’ailleurs, aujourd’hui, une grappe de raisin orne le blason du village.

Louis Ouizille et Marie Mercelot sont les plus anciens ancêtres de cette lignée. Ils sont cités dans un premier document en date du 23 novembre 1682, période du roi Louis XIV. Il s’agit du mariage de leur fils, Jean Oisil et Elisabeth Pigeaut. Élément rare, le document est parfaitement conservé et très bien rédigé pour l’époque.

Transcription litterale de l'acte de Mariage Le vingt troisième jour de novembre 1682 furent mariées par devant moy Curé Pansart après xxx en fiancailles xxxxx dans ce lieu sans qu'il ce soit trouvé aucunne opposition, Jean Oisil fils de Louis Oisil et de défunte Marie Maerlotte et Elisabeth Pigeaut Fille de Lubin Pigeaut et défunte Louise Gredet. Je leur ay donné la benediction nuptiale en présence de leurs parents et amis. Le dit Oisil assisté de son père, de ses frères xxxx et Gilles Oisil et Miegel Pondgoni, son beau frère, de xxxx Palé son ami, et xxxxx Leduc, ses cousins xxx et germain, et gille Gendruille son parrain et pierre Hubert ami. Ladite Elisabeth Pigeaut assitée de son père, de denis Roger son oncle, Louis Mauneux son cousin germain, de Jean Masson son cousin,, de Jean Fauvau et xxxx famille xxxx lesquelles ont signé avec moy le xxxx xxxx

Transcription litterale de l’acte de Mariage
Le vingt troisième jour de novembre 1682 furent mariées par devant moy Curé Pansart après xxx en fiancailles xxxxx dans ce lieu sans qu’il ce soit trouvé aucunne opposition, Jean Oisil fils de Louis Oisil et de défunte Marie Maerlotte et Elisabeth Pigeaut Fille de Lubin Pigeaut et défunte Louise Gredet. Je leur ay donné la benediction nuptiale en présence de leurs parents et amis. Le dit Oisil assisté de son père, de ses frères xxxx et Gilles Oisil et Miegel Pondgoni, son beau frère, de xxxx Palé son ami, et xxxxx Leduc, ses cousins xxx et germain, et gille Gendruille son parrain et pierre Hubert ami. Ladite Elisabeth Pigeaut assitée de son père, de denis Roger son oncle, Louis Mauneux son cousin germain, de Jean Masson son cousin,, de Jean Fauvau et xxxx famille xxxx lesquelles ont signé avec moy le xxxx xxxx

Malheureusement aucune paroisse n’est citée. La solution a donc été de parcourir les pages des registres. Seule certitude, aucun Ouizille n’apparaît à Breuillet avant 1682. Les parents Louis et Marie n’étaient donc pas de ce village et n’y ont pas vécu. J’estime leur naissance vers les années 1630, probablement dans un village voisin.

C’est donc Jean qui est venu se marier à Breuillet, d’où Elisabeth était native. Il sera vigneron comme la plupart des habitants du village. Je trouve dans les registres trois enfants, Guillaume, Gilles et Jean, mais ils en auront probablement plus. Jean décédera à 64 ans le 14 septembre 1723.

Son Fils Guillaume est l’ancêtre suivant. il est né le 12 juillet 1702. Ses deux premières femmes, Simone Audenard et Jeanne Hubert, décéderont. Il se maria avec Catherine Poisson le 3 juillet 1747. Elle était native de Saint Sulpice de Favières, un village voisin. Ensemble ils auront Nicolas qui assurera la descendance vers les Bonnet.

Le grand Voyage

Nicolas est né à Breuillet le 3 août 1751. Il se maria le 12 septembre 1778 avec Marie-Claude Grondard qui était native de Bruyère le Châtel. Ensemble ils eurent 4 enfants, Marie-Claude, Guillaume, Marie Geneviève et Jean Baptiste. Jean-Louis ne vécu qu’un an.

Entre 1785 et 1789, Nicolas et Marie-Claude décidèrent de partir de Breuillet. Ils ont probablement emmené leurs enfants qui étaient âgés respectivement de 6, 5, 3 et 1 an.

On les retrouvera 4 ans plus tard à Frotey-les-Lure, village de la Haute Saône à plus de 400 km, ce qui pose une question : comment pouvait faire une famille pour effectuer un si grand périple au 18ème siècle.

Les voyages à la fin du XVIIIeme siècle

A cette époque,  il n’était pas rare qu’on se décide à entreprendre un long voyage pour aller chercher meilleure fortune ailleurs. Le transport des voyageurs, comme des marchandises  ne se faisait qu’avec des chevaux, la batellerie ne représentant qu’une très faible partie des transports. Celui des voyageurs était un privilège royal. L’état le sous-traitait à 8 fermiers particuliers et personne d’autre n’était autorisé à transporter des personnes. Le roulage ou transport de marchandises était libre et souvent pratiqué par les paysans comme complément de revenu.

Il existait très peu de cartes sur les chemins ou les routes de France. Les postes en ont créées à partir de 1771. Elles fournissaient une description détaillée de l’ensemble des voies de communication et seront très utilisées par le public. Pour Frotey-les-Lure, La route passait par Dijon (voir carte ci-dessous).

Carte à la fin du XVIIIe siècle

Carte à la fin du XVIIIe siècle

Pour voyager on pouvait choisir plusieurs sortes de voitures à des prix très différents. Le fourgon, la voiture du pauvre, lourde et inconfortable, conçue plutôt pour le roulage, coûtait 6 sous par lieue. La diligence ordinaire à 8 places tirée par 6 chevaux l’été et 8 l’hiver, plus rapide, coûtait 13 sous par lieue. Il y avait d’autres voitures encore plus chères et plus rapides.

Le salaire d’un journalier à ce moment là était de 6 à 8 sous par jour. Frotey-les-Lure étant distant d’une centaine de lieues, ce voyage a du coûter à la famille plus d’une année de salaire.

Toutes ces voitures voyageaient à jours fixes et suivaient un trajet invariable, en général les routes des postes. La rareté des départs était un inconvénient : 4 à 5 par semaine pour les grandes villes comme Lyon et 1 ou 2 pour les autres villes. La vitesse moyenne des voitures publiques ne semble pas avoir dépassé 3 ou 4 km/h à la fin du siècle.

Voyager en France au temps des chevaux est loin d’être une sinécure. Les routes devenaient plus impraticables au fur et mesure que l’on s’éloignait de Paris. Elles n’étaient pas suffisamment larges pour permettre le croisement de deux voitures. L’une ou l’autre devait quitter le pavé pour laisser le passage libre à l’autre. Il en résultait de continuels accidents. L’entretien des routes était une corvée pour les populations à qui l’intendant imposait un certain nombre de journées de travail.

On ne voyageait jamais de nuit par crainte des accidents ou mauvaises rencontres.

Le voyage de la famille a duré un ou deux ans, s’arrêtant probablement longtemps dans des villages étapes.

En effet, on trouve en septembre 1789, à Frotey-les-Lure, un acte de décès d’une petite fille, Marie-Jacqueline Ouizille, âgée d’environ 3 ans. Il n’y a aucun acte de naissance de ce nom à Breuillet. Marie Jacqueline est donc née dans une de ces villes étapes.

Ensuite, les choses ne vont pas bien se passer. 3 ans plus tard, Marie-Claude aura un accouchement très difficile, l’enfant sera mort-né. L’acte de décès de l’enfant parle d’un « accouchement laborieux ». Marie-Claude décédera 4 jours plus tard. en 1792, Nicolas a 41 ans et ses 4 enfants 13, 12, 10 et 7 ans. Lui se remariera un peu plus tard.

Marie-Claude, l’aînée des enfants retournera chez sa tante Marie-Anne Grognard qui vit à Saclay. Elle épousera ensuite Jean-Pierre Bonnet, Maçon, originaire de Rochefort en Yvelines, le père de l’arrière-grand-père de ma mère.

Nicolas a-t-il fait fortune à Frotey-les-lure? Peut-être, L’acte de consentement pour le mariage de sa fille, passé devant notaire précise qu’il est propriétaire.

Jean Claude

Copyright : septembre 2015 – reproduction des textes et photos interdites sans autorisation

Sources :
Nicolas Verdier : Penser le réseau au XVIIIe siècle et au début du XIXe sièclePatrick Marchand : Le Maître de poste et le messager, les transports publics en France au temps des chevaux
Letaconnoux : Le transport en France au XVIIIe siècle