Lignée des Bonnet : La vie de nos ancêtres à Chatenay sur Seine. (77)

Note personnelle : Une pensée pour ma cousine Françoise.

Introduction

Ma nouvelle recherche a démarré en juillet dernier et parmi les ancêtres qui avaient leurs anniversaires ce mois là, J’ai sélectionné Marie-Anne Roux, née le 7 juillet 1762. Elle se trouve dans la lignée de Gaston Bonnet, un de mes grands-pères, et plus particulièrement celle d’Estelle Robillard, la grand-mère paternelle de ce dernier. Marie-Anne se situe, plus loin dans l’arbre généalogique, à 3 générations d’Estelle.

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Fait peu commun, la majorité des ancêtres d’Estelle Robillard sont originaire de Châtenay sur Seine (Seine et Marne). Le couple le plus ancien de ma généalogie est Nicolas Taveau & Jehanne Desplats qui seraient nés vers 1590. A ce jour*, je comptabilise sur Châtenay, 99 naissances et 34 mariages. Au 17ème siècle, on ne compte pas moins de 13 familles sur un total d’environ 500 habitants. Cela représente une part importante de la population de ce village, on peut donc facilement penser que certaines familles étaient là depuis très longtemps.

Cette localité est donc un des berceaux de la famille. Proche de la capitale, elle est située à environ 70 km au sud-est de Paris.  Nos ancêtres (ceux identifiés dans ma généalogie) ont migré tardivement (vers l’année 1865), en direction de la capitale. Ils ne ressentaient donc pas  le besoin de partir. Mais dans quelles conditions vivaient-ils?  Leur histoire étant étroitement liée à celle de Châtenay sur Seine, une recherche sur ce village devrait nous apprendre plus sur leur vie et leur histoire.

*Beaucoup de branches de cette lignée n’ont pas encore fait l’objet de recherche sur le 17ème siècle. Le nombre d’ancêtres né à Châtenay devrait être beaucoup plus important.

Historique

Ozouf, Leterrier, Images d'histoire CE1 1954_0006_Vercing_torix, Gaulois

Village Gaulois

Avant notre ère Chatenay, ancien nom de Châtenay sur Seine, doit son nom à une forêt de châtaigniers. Le village date d’environ 150 ans av JC. A cette époque, il se trouve sur le territoire des Cenons, un peuple gaulois et se situe à environ 30 km d’Agendicum (Sens), capitale de la région. L’origine des Cenons est incertaine. Certains spécialistes les font venir de Bavière d’autres du nord de l’Europe (Danemark, rives de la Baltique, etc.) Tous s’accordent sur le fait que ce peuple recherchait un climat moins rude et que, vers le 5ème siècle av JC,  les guerriers ont rapidement été suivis par des familles entières et leurs troupeaux.
Certains d’entre eux sont allés en Italie combattre les romains et sont à l’origine de la prise de Rome vers 390 av JC. D’autres se sont sédentarisés sur un territoire qui est aujourd’hui la Seine et Marne et l’Yonne. Ils constituèrent avec les autochtones l’une des tribus de la Gaule. En 53 avant notre ère,  pendant la guerre des Gaules, les Sénons, soutenus par d’autres tribus gauloises se sont soulevés contre César. Celui-ci prévenu à temps, arriva avec ses légions. Les Sénons rendirent les armes mais Chatenay eut à souffrir des cruautés que César fit exercer sur ses habitants. Après la conquête, César installa plusieurs légions qui construisirent un fort** pour défendre la route de chantemerle. (Une route qui reliait Paris aux forts de l’est)
** A l’époque féodale une importante seigneurie fit édifier un château à la place de ce fort.

L’école du 17ème au 19ème siècle

Avant le 17ème siècle les habitants ne recevaient aucune instruction. Quelques privilégiés prenaient des leçons auprès du curé de la paroisse, ce dernier jouissant, comme tous les ecclésiastiques, d’une bonne instruction. Le reste de la population était illettré. Nos ancêtres, Nicolas TAVEAU et son épouse Jehanne DESPLATS ainsi que Jacques BONODET & Jeanne MIGNOY , né  dans les années 1590 n’ont certainement jamais connu l’école.
Après les ordonnances de 1560, l’archevêché de Sens proposa, aux habitants des villages voisins qui le souhaitaient, une instruction. Cela produisit rapidement un nombre important de maîtres d’école et les premières écoles furent créés. Celle de Châtenay fut ouverte en 1610.

Une école primaire : Celle de Château Chalon (Jura) au début du XXème siècle.

Les habitants s’engagèrent à rétribuer le maître d’école pour donner une instruction aux enfants. Les premières rétributions se sont fait avec l’abandon de la jouissance d’une partie de leurs biens communaux ainsi que de quelques boisseaux de grain. La place de maître d’école se donnait via un concours. Les prétendants se présentaient et celui qui chantait le mieux était admis.
L’école comportait une vaste salle. Elle était sombre, nue et mal aérée. Elle était seulement meublée d’une estrade avec le bureau du maître d’école et pour les élèves, des tables très grossières. Les enfants comme Jean-François TAVEAU, Marie BONODET, Etienne OBERT, Jeanne DESPLATS reçurent sans doute un enseignement  rudimentaire : Instruction religieuse, lecture, écriture, et calcul avec les 4 opérations fondamentales. Les élèves possédant convenablement les trois dernières matières étaient considérées comme savants.

 

Nomination d’un maître d’école par le village

Le 16 juillet 1809, le maire et le conseil municipal de Châtenay se réunit pour nommer un instituteur. Cela entraînera la rédaction d’un acte dont je vous livre ci-dessous l’exacte transcription, c’est à dire sans aucune correction.

Aujourd’huy seize juillet mil huis cent neuf; trois heures de relevées Nous, Maire, Membres du conseil municipal et habitans de la commune de Châtenay assemblée au lieu ordinaire des scéances, convoquées au son de la cloche en la manière ordinaire, à l’effet de nommer un instituteur pour la dite commune ; Le sieur Simon Bernard instituteur dans la commune de Melz.sur.Seine, s’étant présenté pour être institeur pour ladite commune de Châtenay, Nous Maires, Membres et habitans susdits avons trouvé le sieur Simon Bernard reunissent la  capacité et les talans requis pour instruire la jeunesse et leur montrer les premiers élémens de la lecture de l’ecriture et du calcul ; nous susdits Maires Membres et habitans somme concenu avec ledit sieur Benard pour etre instituteur de la commune de luy payer annuellement la somme de deux cents francs ; Pour son traitement cette somme luy sera payé par le percepteur et receveur des revenus des biens de la commune : il luy sera payé ensus du traitement cy dessus par chaque enfant qui écrirons, cinquante centimes par mois qui assiterons à son école, quarante centimes pour ceux qui lirons dans l’écriture et trente centimes pour ceux qui appelleront;il luy sera fourny le logement en la maison commune ; nous lui accorderons les mois de juillet aout pour faire moison ;ledit sieur sera tenu de chanter et assister à tous les offices qui se celebrant a l’eglise ; d’aider à Mr le Ministre du culte dans toutes ses fonctions de remonter l’hormage, de sonnaire midy tous les jours, sans que le dit sieur Bernard puis demander pour pour ces dites charges de plus de plus le traitement qui luy est accordé cy dessus. Ledit sieur présent après que lecture luy a été faite du présent acte, a accepté toutes les clauses et conditions portés au present, de remplir ses fonctions avec exactitude et a signé avec nous.

 

Mais pour la petite histoire, Simon Bernard n’a été maître d’école que jusqu’au 10 octobre suivant

Le métier d’agriculteur au 19ème siècle

Le  1er octobre 1832, la nouvelle école ouvre ses portes. Elle est située dans le bâtiment de la mairie et comprend deux salles, une pour les garçons et une pour les filles  ainsi que le logement de l’instituteur. Mais Châtenay ne dispose d’aucune aide, gratuité des fournitures, Caisse des écoles ou Caisse d’épargne scolaire qui ont été institués dans le but d’aider parents et enfants. De ce fait les familles font passer leurs intérêts personnels avant l’instruction. Les enfants s’absentent de l’école de mai à novembre pour aider les parents dont la majorité travaille dans les champs.
Les terres qui sont situées au sud du village, entre les deux Seines sont très humides, Elle sont très souvent submergées par les inondations de la Seine, vers le mois de mai. Les pertes pour les agriculteurs sont  considérables, ils préfèrent les terres plus hautes situées au nord du village. Les principaux produits agricoles sont les céréales, les fourrages et la pomme de terre. Les betteraves et carottes permettent de nourrir le bétail que les habitants achètent dans les foires de la région comme celle de Fontainebleau. Vers la fin du 19ème Siècle on compte à Châtenay 1500 moutons, 150 vaches, 48 chevaux, et 12 ânes.

Certains de nos Ancêtres sont vignerons :

  • Jean-Louis Robillard et son père· Jean Nicolas Roux et son père Jean
  • Claude Brette
  • Simon Roux et son père Claude
  • Pierre Bonodet

Ils produisent un vin de qualité inférieure. De plus, il en récolte très peu car le mildiou ravage les vignes. La vie ne devait pas être simple pour eux.

Jean-Claude


Liste des ancêtres d’Estelle Robillard qui sont originaires de Châtenay sur Seine

Identifiés à ce jour (de 1590 à 1850)

Marguerite ANAIS, Nicolas ANAIS, Anne AUBERT, Magdelaine BARBILLON, Marie BARTELOSTE, Genevieve BELLEVILLE, François BONNIER, Marguerite BONNIER, Jacques BONODET, Marie BONODET, Marie Anne BONODET, Pierre BONODET, Claude BRETTE, Etienne BRETTE, Jean BRETTE, Marie Anne Agathe BRETTE, Marie Anne Sophie BRETTE, Anne BUSTEAU, Blaise BUSTEAU, Geneviève CHARDON, Claude CHIGANNE, François CHIGANNE, Marie Rose CHIGANNE, Jean Jacques CORNEBISE, Léonard CORNEBISE, Marie CORNEBISE, Cécile DAUTEL, Lupien DAUTEL, Nicolas DAUTEL, Geneviève DESPLATS, Jean DESPLATS, Jeanne DESPLATS, Jehanne DESPLATS, Marie DESPLATS, Anne DOLLI, Jacques DUDOGNON, Marie DUDOGNON, Philippe DUDOGNON, Marie DUFAY, Marguerite DUPAS, Claude GABRIEL, Jean GABRIEL, Marie Anne GABRIEL, Paule GAGNIER, Pierre GAGNIER, Anne GASTEAU, Francoise GIRARD, Anne GUYOT, MarieLEROUX, Anne MARAULT, Anne MAROT, Jeanne MIGNOY, Marie MOTHE, Marguerite NOURY, Etienne OBERT, Marie PETIT, Etienne PROFIT, Marie Anne PROFIT, Marie Jeanne QUINAULT, Nicolas QUINAULT, Claude ROBILLARD, Estelle Stéphanie ROBILLARD, Germain Xavier ROBILLARD, Jean Louis ROBILLARD, Claude ROUX, Jean ROUX, Jean Nicolas ROUX, Marie Anne ROUX, Marie Anne Sophie ROUX, Marie Catherine ROUX, Simon ROUX, Jean François TAVEAU, Marie TAVEAU, Claude TRAVERS, Jeanne TRAVERS, Françoise TROUVE, Reine TURQUIN


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Source :
Monographie de Chatenay dur Seine : Archives de Seine et Marne
agendicum.over-blog.com : site Internet
Wikipédia : Les Senons (version anglaise)
Manuels Anciens : Site Internet
Photo du village Gaulois : Ozouf, Leterrier - CE1 1954

 

Lignée Bonnet : les Ouizille, une famille de Vigneron à Breuillet

La famille Ouizille a fait partie de nos ancêtres durant 5 générations de 1630 à 1830. Elle vécu à Breuillet, un village d’Essonne situé à 35 km au sud de Paris, puis à Frotey-Les-Lure dans la Haute Saône, village distant de plus de 400 km.

Au XVIIIe siècle, Breuillet s’appelait Brouillet et comptait environ 700 habitants. C’était alors un très grand vignoble. Lorsqu’on parcourt les registres d’état civil de cette période, on trouve le métier de vigneron dans presque tous les actes. La vigne occupait la grande majorité de la population. D’ailleurs, aujourd’hui, une grappe de raisin orne le blason du village.

Louis Ouizille et Marie Mercelot sont les plus anciens ancêtres de cette lignée. Ils sont cités dans un premier document en date du 23 novembre 1682, période du roi Louis XIV. Il s’agit du mariage de leur fils, Jean Oisil et Elisabeth Pigeaut. Élément rare, le document est parfaitement conservé et très bien rédigé pour l’époque.

Transcription litterale de l'acte de Mariage Le vingt troisième jour de novembre 1682 furent mariées par devant moy Curé Pansart après xxx en fiancailles xxxxx dans ce lieu sans qu'il ce soit trouvé aucunne opposition, Jean Oisil fils de Louis Oisil et de défunte Marie Maerlotte et Elisabeth Pigeaut Fille de Lubin Pigeaut et défunte Louise Gredet. Je leur ay donné la benediction nuptiale en présence de leurs parents et amis. Le dit Oisil assisté de son père, de ses frères xxxx et Gilles Oisil et Miegel Pondgoni, son beau frère, de xxxx Palé son ami, et xxxxx Leduc, ses cousins xxx et germain, et gille Gendruille son parrain et pierre Hubert ami. Ladite Elisabeth Pigeaut assitée de son père, de denis Roger son oncle, Louis Mauneux son cousin germain, de Jean Masson son cousin,, de Jean Fauvau et xxxx famille xxxx lesquelles ont signé avec moy le xxxx xxxx

Transcription litterale de l’acte de Mariage
Le vingt troisième jour de novembre 1682 furent mariées par devant moy Curé Pansart après xxx en fiancailles xxxxx dans ce lieu sans qu’il ce soit trouvé aucunne opposition, Jean Oisil fils de Louis Oisil et de défunte Marie Maerlotte et Elisabeth Pigeaut Fille de Lubin Pigeaut et défunte Louise Gredet. Je leur ay donné la benediction nuptiale en présence de leurs parents et amis. Le dit Oisil assisté de son père, de ses frères xxxx et Gilles Oisil et Miegel Pondgoni, son beau frère, de xxxx Palé son ami, et xxxxx Leduc, ses cousins xxx et germain, et gille Gendruille son parrain et pierre Hubert ami. Ladite Elisabeth Pigeaut assitée de son père, de denis Roger son oncle, Louis Mauneux son cousin germain, de Jean Masson son cousin,, de Jean Fauvau et xxxx famille xxxx lesquelles ont signé avec moy le xxxx xxxx

Malheureusement aucune paroisse n’est citée. La solution a donc été de parcourir les pages des registres. Seule certitude, aucun Ouizille n’apparaît à Breuillet avant 1682. Les parents Louis et Marie n’étaient donc pas de ce village et n’y ont pas vécu. J’estime leur naissance vers les années 1630, probablement dans un village voisin.

C’est donc Jean qui est venu se marier à Breuillet, d’où Elisabeth était native. Il sera vigneron comme la plupart des habitants du village. Je trouve dans les registres trois enfants, Guillaume, Gilles et Jean, mais ils en auront probablement plus. Jean décédera à 64 ans le 14 septembre 1723.

Son Fils Guillaume est l’ancêtre suivant. il est né le 12 juillet 1702. Ses deux premières femmes, Simone Audenard et Jeanne Hubert, décéderont. Il se maria avec Catherine Poisson le 3 juillet 1747. Elle était native de Saint Sulpice de Favières, un village voisin. Ensemble ils auront Nicolas qui assurera la descendance vers les Bonnet.

Le grand Voyage

Nicolas est né à Breuillet le 3 août 1751. Il se maria le 12 septembre 1778 avec Marie-Claude Grondard qui était native de Bruyère le Châtel. Ensemble ils eurent 4 enfants, Marie-Claude, Guillaume, Marie Geneviève et Jean Baptiste. Jean-Louis ne vécu qu’un an.

Entre 1785 et 1789, Nicolas et Marie-Claude décidèrent de partir de Breuillet. Ils ont probablement emmené leurs enfants qui étaient âgés respectivement de 6, 5, 3 et 1 an.

On les retrouvera 4 ans plus tard à Frotey-les-Lure, village de la Haute Saône à plus de 400 km, ce qui pose une question : comment pouvait faire une famille pour effectuer un si grand périple au 18ème siècle.

Les voyages à la fin du XVIIIeme siècle

A cette époque,  il n’était pas rare qu’on se décide à entreprendre un long voyage pour aller chercher meilleure fortune ailleurs. Le transport des voyageurs, comme des marchandises  ne se faisait qu’avec des chevaux, la batellerie ne représentant qu’une très faible partie des transports. Celui des voyageurs était un privilège royal. L’état le sous-traitait à 8 fermiers particuliers et personne d’autre n’était autorisé à transporter des personnes. Le roulage ou transport de marchandises était libre et souvent pratiqué par les paysans comme complément de revenu.

Il existait très peu de cartes sur les chemins ou les routes de France. Les postes en ont créées à partir de 1771. Elles fournissaient une description détaillée de l’ensemble des voies de communication et seront très utilisées par le public. Pour Frotey-les-Lure, La route passait par Dijon (voir carte ci-dessous).

Carte à la fin du XVIIIe siècle

Carte à la fin du XVIIIe siècle

Pour voyager on pouvait choisir plusieurs sortes de voitures à des prix très différents. Le fourgon, la voiture du pauvre, lourde et inconfortable, conçue plutôt pour le roulage, coûtait 6 sous par lieue. La diligence ordinaire à 8 places tirée par 6 chevaux l’été et 8 l’hiver, plus rapide, coûtait 13 sous par lieue. Il y avait d’autres voitures encore plus chères et plus rapides.

Le salaire d’un journalier à ce moment là était de 6 à 8 sous par jour. Frotey-les-Lure étant distant d’une centaine de lieues, ce voyage a du coûter à la famille plus d’une année de salaire.

Toutes ces voitures voyageaient à jours fixes et suivaient un trajet invariable, en général les routes des postes. La rareté des départs était un inconvénient : 4 à 5 par semaine pour les grandes villes comme Lyon et 1 ou 2 pour les autres villes. La vitesse moyenne des voitures publiques ne semble pas avoir dépassé 3 ou 4 km/h à la fin du siècle.

Voyager en France au temps des chevaux est loin d’être une sinécure. Les routes devenaient plus impraticables au fur et mesure que l’on s’éloignait de Paris. Elles n’étaient pas suffisamment larges pour permettre le croisement de deux voitures. L’une ou l’autre devait quitter le pavé pour laisser le passage libre à l’autre. Il en résultait de continuels accidents. L’entretien des routes était une corvée pour les populations à qui l’intendant imposait un certain nombre de journées de travail.

On ne voyageait jamais de nuit par crainte des accidents ou mauvaises rencontres.

Le voyage de la famille a duré un ou deux ans, s’arrêtant probablement longtemps dans des villages étapes.

En effet, on trouve en septembre 1789, à Frotey-les-Lure, un acte de décès d’une petite fille, Marie-Jacqueline Ouizille, âgée d’environ 3 ans. Il n’y a aucun acte de naissance de ce nom à Breuillet. Marie Jacqueline est donc née dans une de ces villes étapes.

Ensuite, les choses ne vont pas bien se passer. 3 ans plus tard, Marie-Claude aura un accouchement très difficile, l’enfant sera mort-né. L’acte de décès de l’enfant parle d’un “accouchement laborieux”. Marie-Claude décédera 4 jours plus tard. en 1792, Nicolas a 41 ans et ses 4 enfants 13, 12, 10 et 7 ans. Lui se remariera un peu plus tard.

Marie-Claude, l’aînée des enfants retournera chez sa tante Marie-Anne Grognard qui vit à Saclay. Elle épousera ensuite Jean-Pierre Bonnet, Maçon, originaire de Rochefort en Yvelines, le père de l’arrière-grand-père de ma mère.

Nicolas a-t-il fait fortune à Frotey-les-lure? Peut-être, L’acte de consentement pour le mariage de sa fille, passé devant notaire précise qu’il est propriétaire.

Jean Claude

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Sources :
Nicolas Verdier : Penser le réseau au XVIIIe siècle et au début du XIXe sièclePatrick Marchand : Le Maître de poste et le messager, les transports publics en France au temps des chevaux
Letaconnoux : Le transport en France au XVIIIe siècle