Guerre 14-18 : Carnet de Poilu – Pages 20 et 21


Carnet tenu par Delesalle G. lors de la guerre 14-18.
page 20 et 21 sur 40

Note sur le mode de transcription :
– Pour plus de confidentialité, le nom des habitants est masqué (xxx)
– En fin de page, pour une bonne compréhension du texte, les phrases sont complétées.

 Lien vers les pages 18 et 19 –  Lien vers les pages 22 et 23.

page 20-21

Page 20(gauche)Page 21 (droite)
3 octobre 1915, départ pour occuper
les tranchées d'Aix Noulette
que nous traversons et qui est
détruit. Nous passons la nuit dans
les boyaux, sans abris, et il pleut.
Le 4 en réserve dans des abris de
seconde ligne. Le 5, en tranchée de
1ère ligne. Le 6 au soir, vive fusillade.
Le jour, de temps à autre, nous
sommes bombardés, pas d'incident.
Les tranchées manquent d'abris.
Les fatiguées sont insupportables, le
ravitaillement se fait très difficilement.
La nuit, tout est froid. Nous quittons
le 8 au soir pour loger
dans les abris à Aix Noulette
Le 9 Gauchin Légal, campe sous
la tente jusqu'au 16 Octobre.
Le 16 Octobre nous partons pour occuper
des tranchées près d'Albain St Nazaire,
tranchées que nous devons réfectionner et
occuper en cas d'attaque. Je profite de
visiter la sucrerie de Souchez, le château
de Carleuil, Souchez et son cimetière "le Cabaret
Rouge". Tout ca n'est plus
que ruine. Des cadavres francais et
allemands sont rencontrés dans tous
les coins. Pas une place n'existe sans
trous d'obus. Quelle ruine ! Je n'ai jamais
rien vu d'aussi triste. Nous restons
17 jours dans ces tranchées, le soir de
la descente nous sommes chargés
d'un travail de nuit près des 1ère ligne.
Il pleut depuis plusieurs jours, dans
certains boyaux nous avons de l'eau
jusqu'au bas ventre, des hommes
restent enlisés dans la boue

 

Guerre 14-18 – L’histoire de Louis Edmond Bonnet, notre arrière Grand Père

Cité par le commandement militaire et Décoré de la
Croix de Guerre  (Etoile avec bronze) – Tué face à l’ennemi en 1917.

 (mise à jour le 13 février 2015)

Louis Edmond est né le 22 Août 1883 à Jouy-en-Josas de Louis Pierre, 37 ans, journalier et Estelle Stéphanie Robill… 38 ans, également journalière.

Le 8 Octobre 1905, Il est incorporé au 151ème régiment d’infanterie comme soldat de 2ème classe. Il sera renvoyé en disponibilité le 18 septembre 1906 avec un certificat de bonne conduite. Il retourne au 10 rue Amélie, Paris 7ème 

Un mois plus tard, le 16 octobre 1906, il se marie (1) avec Caroline Augustine Beur.., domestique, 21 ans, qui réside au 17 rue Duvivier, Paris 7ème , originaire de l’Indre et Loire.

Edmond était cordonnier. Le couple s’installera en juillet 1907  au 9 de la rue du Vivier, Paris 7ème, puis deux ans plus tard, passage Bosquet, dans le même arrondissement. Ensuite ce fut Sèvres, Vélizy puis un retour sur Jouy en Josas, rue de Beuvron en 1911.

 Guerrre 14-18

Source : Agence de presse Meurisse. Agence photographique – BNF

Il est rappelé à l’activité militaire, par le décret de mobilisation générale du 1er Août 1914 et affecté au 28ème  Régiment d’infanterie. Un an plus tard, après une blessure survenue en 1915,  il sera affecté  le 2 octobre 1915, au 403ème régiment d’infanterie (2) et sera nommé Caporal le 23 Juin 1916.

 Croix_de_Guerre_1939_France_AVERS (1)

le 15 avril 1917, l’octroi d’une citation par le commandement militaire pour conduite exceptionnelle lui permet d’être décoré de la Croix de Guerre avec étoile en bronze. Le détail de cette conduite exceptionnelle est précisé dans les documents militaires.

« Excellent Caporal, énergique et courageux.
Sous un fort bombardement, précurseur d’une attaque, a maintenu jusqu’à la fin de l’alerte ses hommes dans un petit poste particulièrement visé par l’artillerie ennemie » 

Quelques jours plus tard, le 21 mai 1917, il est tué à l’ennemi. Les documents précisent :

« A eu son casque traversé alors qu’il levait la tête pour surveiller le terrain dont il avait la garde »

 Son fils, mon grand Père avait alors 12 ans.

(mise à jour le 13 février 2014)
Situation sur le front :
En Avril 1917, les allemands viennent de battre les Russes et déplacent leurs troupes sur le front ouest. C’est maintenant qu’ils doivent lancer leur offensive finale, qu’il doivent gagner la guerre, avant l’arrivée des Américains. Dans une série d’attaques surprises, les Allemands s’infiltrent alors dans les lignes Francaises avec une grande facilité… Les Français doivent tenir coûte que coûte)

(1) A noter ici, qu’au jour du mariage, mon grand père Gaston était déjà né depuis 1 an. Il a été reconnu par Louis Edmond, 3 mois après la naissance puis lors de ce mariage avec Caroline Augustine.

(2) Il existe par ailleurs un livret, rédigé par le commandant, qui raconte l’histoire du 403ème régiment d’infanterie. On notera pour la période correspondant au mois précédent son décès, le passage suivant –  extrait page 14 :

Du 28 avril au 2 ma 1917, le 1er bataillon est détaché dans le sous-secteur ouest de Courcy et passe sous les ordres du colonel commandant le 1er Léger. Il contribue au succès de l’attaque de ce Régiment et, à la descente, il est l’objet d’une lettre de félicitations. (Lettre n° 7465/3, en date du 2 mai 1917,du général commandant le XXXVIII* C. A.). Le bataillon va au repos à Champfleury, le 2 mai. 

Les 10 et 11mai, le Régiment monte occuper le secteur des Cavaliers de Courcy. Il est surtout occupé aux travaux de défense, dans ce secteur où tout est à organiser, et qui est soumis à un violent bombardement. La 10e compagnie subit deux coups de main au cours desquels un sergent et quatre hommes disparaissent.

 

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