1850 – Bonnet / Pailleret : L’histoire de Louis Victor – 1/3

Louis Victor disparaît à Puteaux. Victoire Virginie, sa femme, décède dans un dépôt de mendicité 8 ans plus tard. Que s’est-il passé ? Vous trouverez les résultats de mes recherches et leurs histoires, repartis sur trois posts :

  • Les recherches de document et l’histoire – (partie 1)
  • L’acte de notoriété (partie 2)
  • La vie de Victoire Virginie au dépôt de Mendicité – (partie 3)

Partie 1 : Les recherches de documents

Tout part de l’acte de mariage de Louis Pierre, leur fils, qui comportait des informations inhabituelles. Voir l’extrait ci-dessous et sa transcription :

Extrait mariage Bonnet x Robillard - 25 avril 1868

Transcription du texte :

Un acte de notoriété délivré à la date du treize février dernier par monsieur le juge de paix du canton de Courbevoie (Seine), pour tenir lieu de l’acte de consentement ou de l’acte de décès du père du futur, disparu depuis le quinze février mil huit cent soixante un ; Un certificat du médecin et du directeur du dépôt de mendicité de Villers-Cotterêts attestant que la mère du futur est hors d’état de donner son consentement au mariage de son fils. 

Chronologie
Commençons la chronologie avec les dates déjà en ma possession :

  1. 13 août 1814 : Naissance de Louis Victor
  2. 23 avril 1819 : Naissance de Victoire Virginie
  3. 23 octobre 1838 : Mariage de Louis et Victoire
  4. 5 octobre 1845 : Naissance de leur fils Louis Pierre
  5. 15 février 1861 : Disparition de Louis Victor, le père
  6. 13 février 1868 : Acte de notoriété rédigé par la juge en vue du mariage de Louis Pierre, le fils
  7. 1er mars 1868 : Publication des bans de mariage à Puteaux (mariage du fils)
  8. 25 avril 1868 : Mariage du fils Louis Pierre
  9. 16 août 1869 : Décès de Victoire Virginie, la mère, au dépôt de Mendicité.

En dehors de l’acte de décès de Louis Victor, je détiens une copie de tous les autres actes (naissance – mariage – décès). Concernant le décès de Louis Victor, mes recherches sur Puteaux entre 1850 et 1900 n’ont donné aucun résultat.

 

Recherches via les actes de recensement :
Les actes d’état civil n’apportent ques très peu d’information sur la vie courante, Les actes de recensement, eux, peuvent permettre de situer la famille à un endroit et une date précise.

Le couple Bonnet / Pailleret :
Malheureusement, aucun recensement ne permet de situer la famille :

  1. Recensement sur Paris : les recensements quinquennaux de population n’ont donné lieu à Paris à l’établissement de listes nominatives qu’à quatre reprises : en 1926, 1931, 1936 et 1946.
  2. Recensement sur Puteaux : Aucun recensement en ligne avant 1891 (peut-être disponible en salle de lecture)

Au final, aucune information. Les enfants et les parents peuvent parfois apporter des pistes.

Le fils :
Le Fils Louis Pierre apparaît en 1866 sur le recensement de Jouy en Josas. Il habite au 7 de la rue du chemin Neuf. Il est seul, hébergé par la famille Lataro… Gédeon qui sera témoin à son mariage deux ans plus tard.

Les autres enfants :
Y-a-t-il eu d’autres enfants, les enfants uniques étaient rares à cette époque ? Ils auraient pu naitre entre 1838 (date du mariage) et 1861 (disparition du père) sur :

  1. Villeneuve-L’Archevêque 89190 (village de naissance de Victoire et lieu du mariage)
  2. Paris (dans le 6ème ou le 9ème)
  3. Puteaux

Je n’ai trouvé aucune naissance “Bonnet” sur Villeneuve-L’Archevêque.
Sur Paris, les archives ayant brûlées, elles ont été reconstituées. on obtient plus 500 fiches “Bonnet”, malheureusement très succinctes, qui ne permettent pas de rattacher une naissance à ses parents.

Enfin sur Puteaux, je trouve 3 familles “Bonnet” mais qui ne sont pas celles recherchées.

Les Parents de Louis Victor :
Ils auraient pu héberger le fils Louis Pierre.
Louis Victor est né à Saclay (Essonne). C’est tout naturellement par là que j’ai commencé les recherches via les actes de recensement.

Rencensement 1836 Bonnet Jean Pierre SaclayRecensement 1836 de Saclay

On le trouve avec ses parents en 1836. Il a 21 ans, noté comme soldat et n’est pas encore marié. En 1841, seuls ses parents apparaissent. En 1846, il ne reste plus que son père, En 1851 et 1861, plus personne. ils ont probablement déménagés car aucun ne ressort des listes de décès de Saclay. Il semble que les parents se soient séparés.

Les recherches n’apportent que des informations parcellaires. Il reste une seule piste, l’acte de notoriété pour lequel j’ai fait une demande de copie auprès des archives du Haut de Seine.

L’histoire

Louis Victor est donc né à Saclay en 1814 de Jean-Pierre et Marie Claude Oisi… On trouve la famille dans les listes du recensements de Saclay de 1817 et 1836. A cette date il essaye de s’engager dans l’armée mais il sera renvoyé dans ses foyers pour inaptitude au service militaire.
Deux ans plus tard, il est boulanger. Il fait le déplacement à Villeneuve l’archevêque, distant de 130 km, pour se marier avec Victoire Virgine Paille… A noter que le frère de Victoire Virginie, témoin du mariage, est aussi boulanger.
On retrouve la famille Bonnet / Pailleret à Paris 9ème lors de la naissance de leur fils Louis Pierre. Il sera le père de Louis Edmond qui décèdera à Verdun. La famille a du habiter plus tard à Puteaux, car pour le mariage du fils les bans de mariage y seront publiés.

C’est en 1861 que Louis Victor disparaît, son fils a alors 16 ans. Les recherches sur cette disparation n’ont strictement rien donné et on ne saura surement jamais ce qu’il s’est passé.

Je retrouve le fils 5 ans plus tard, à Jouy en Josas. Il est hébergé par la famille Latarouilly. C’est probablement à cette période que sa mère Victoire Pailleret est arrêtée dans les rues de Paris ou aux alentours alors qu’elle mendiait. Elle sera envoyée dans le dépôt de mendicité de Villers-Cotterêts dans l’Aisne. Elle y décèdera en 1869 et sa vie n’aura pas été facile dans ce dépôt.

 

Nota
Recherche en cours : Acte de notoriété
A suivre – Partie 2 : La vie de Victoire Virginie au dépôt de Mendicité

Guerre 14-18 – L’histoire de Louis Edmond Bonnet, notre arrière Grand Père

Cité par le commandement militaire et Décoré de la
Croix de Guerre  (Etoile avec bronze) – Tué face à l’ennemi en 1917.

 (mise à jour le 13 février 2015)

Louis Edmond est né le 22 Août 1883 à Jouy-en-Josas de Louis Pierre, 37 ans, journalier et Estelle Stéphanie Robill… 38 ans, également journalière.

Le 8 Octobre 1905, Il est incorporé au 151ème régiment d’infanterie comme soldat de 2ème classe. Il sera renvoyé en disponibilité le 18 septembre 1906 avec un certificat de bonne conduite. Il retourne au 10 rue Amélie, Paris 7ème 

Un mois plus tard, le 16 octobre 1906, il se marie (1) avec Caroline Augustine Beur.., domestique, 21 ans, qui réside au 17 rue Duvivier, Paris 7ème , originaire de l’Indre et Loire.

Edmond était cordonnier. Le couple s’installera en juillet 1907  au 9 de la rue du Vivier, Paris 7ème, puis deux ans plus tard, passage Bosquet, dans le même arrondissement. Ensuite ce fut Sèvres, Vélizy puis un retour sur Jouy en Josas, rue de Beuvron en 1911.

 Guerrre 14-18

Source : Agence de presse Meurisse. Agence photographique – BNF

Il est rappelé à l’activité militaire, par le décret de mobilisation générale du 1er Août 1914 et affecté au 28ème  Régiment d’infanterie. Un an plus tard, après une blessure survenue en 1915,  il sera affecté  le 2 octobre 1915, au 403ème régiment d’infanterie (2) et sera nommé Caporal le 23 Juin 1916.

 Croix_de_Guerre_1939_France_AVERS (1)

le 15 avril 1917, l’octroi d’une citation par le commandement militaire pour conduite exceptionnelle lui permet d’être décoré de la Croix de Guerre avec étoile en bronze. Le détail de cette conduite exceptionnelle est précisé dans les documents militaires.

« Excellent Caporal, énergique et courageux.
Sous un fort bombardement, précurseur d’une attaque, a maintenu jusqu’à la fin de l’alerte ses hommes dans un petit poste particulièrement visé par l’artillerie ennemie » 

Quelques jours plus tard, le 21 mai 1917, il est tué à l’ennemi. Les documents précisent :

« A eu son casque traversé alors qu’il levait la tête pour surveiller le terrain dont il avait la garde »

 Son fils, mon grand Père avait alors 12 ans.

(mise à jour le 13 février 2014)
Situation sur le front :
En Avril 1917, les allemands viennent de battre les Russes et déplacent leurs troupes sur le front ouest. C’est maintenant qu’ils doivent lancer leur offensive finale, qu’il doivent gagner la guerre, avant l’arrivée des Américains. Dans une série d’attaques surprises, les Allemands s’infiltrent alors dans les lignes Francaises avec une grande facilité… Les Français doivent tenir coûte que coûte)

(1) A noter ici, qu’au jour du mariage, mon grand père Gaston était déjà né depuis 1 an. Il a été reconnu par Louis Edmond, 3 mois après la naissance puis lors de ce mariage avec Caroline Augustine.

(2) Il existe par ailleurs un livret, rédigé par le commandant, qui raconte l’histoire du 403ème régiment d’infanterie. On notera pour la période correspondant au mois précédent son décès, le passage suivant –  extrait page 14 :

Du 28 avril au 2 ma 1917, le 1er bataillon est détaché dans le sous-secteur ouest de Courcy et passe sous les ordres du colonel commandant le 1er Léger. Il contribue au succès de l’attaque de ce Régiment et, à la descente, il est l’objet d’une lettre de félicitations. (Lettre n° 7465/3, en date du 2 mai 1917,du général commandant le XXXVIII* C. A.). Le bataillon va au repos à Champfleury, le 2 mai. 

Les 10 et 11mai, le Régiment monte occuper le secteur des Cavaliers de Courcy. Il est surtout occupé aux travaux de défense, dans ce secteur où tout est à organiser, et qui est soumis à un violent bombardement. La 10e compagnie subit deux coups de main au cours desquels un sergent et quatre hommes disparaissent.

 

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