Comment reconstruire une famille avec des actes en latin ?

Les actes en latin posent de réels problèmes à presque tous les généalogistes. Ces documents que l’on trouve au 17 et 18e siècle sont très difficiles à lire et ne donnent que très peu d’information. Les parents sont essentiellement cités sur les actes de naissance, les mariages ou les décès donnant très rarement ce renseignement.

Ils posent un autre problème, celui de l’exactitude de l’information car les doublons (même nom et prénom) sont très fréquents. Le croisement des informations entre plusieurs actes est donc primordial pour reconstruire les familles.

Photo 1 – La copie systématique de tous les actes d’un même patronyme
facilite ensuite la reconstruction des familles.

 

Au fil de mes recherches, j’ai pu améliorer ma technique. Le dernier registre en latin que j’ai consulté comportait environ 500 pages. Ce travail s’est fait plus facilement qu’auparavant, avec au final de très bons résultats. Je vous décris ici cette méthode :

Première étape : la copie des actes
  • Je commence par identifier les patronymes de tous les ancêtres qui pourraient être présent sur le registre que je vais consulter.
  • Ensuite au départ d’une date valide*, je parcours le document en allant vers les actes les plus anciens.
  • J’effectue une copie d’écran* systématique de tous les actes portant un des patronymes recherchés.
  • Afin d’éviter toute perte de temps (il n’est pas sûr que le document aura un intérêt), je nomme les fichiers uniquement avec le nom de famille suivi du N° page du registre et éventuellement l’année. L’ensemble est rassemblé dans un répertoire portant le nom du registre.
  • Cette méthode va me permettre de reconstruire les familles dans de meilleures conditions, grâce mode off-line.

*Pour moi, une date valide est une date dont la certitude est établie. Afin d’inclure toutes les possibilités, j’y ajoute une période de 30 ans. Par exemple au départ d’une date de naissance ayant eu lieu en 1706, je commence mes recherches à partir de 1736.
**Pour effectuer les copies, j’utilise une application qui permet de sélectionner une zone sur l’écran afin d’obtenir uniquement le texte de l’acte. L’outil de capture d’écran disponible à partir de Windows 7 convient parfaitement.



Deuxième étape : Décrypter le texte en latin

Dans un registre, les actes d’état civil en latin ont un avantage, ils sont tous écrits avec les mêmes règles. Ces dernières peuvent changer en fonction de la période ou de la région, mais dans un registre, le format d’écriture reste très souvent identique.

Pour décrypter un acte, je me base sur des mots clés, très facilement identifiables car cette méthode accélère notablement la vitesse de lecture.

Dans l’exemple ci-dessous qui provient des archives du Nord, le mot clé est “Filius” (pour une fille ce serait “Filia”) surligné en jaune sur le document ci-dessous.

– 2 – Les actes en latin ont très souvent la même structure. (archive du Nord)

Le mot “Filius” définit instantanément :

  1. Le type d’acte, ici un baptême
  2. Le sexe de l’enfant : un garcon
  3. La zone d’informations contenant les noms et prénoms :
    • A gauche de filius se trouve le nom de famille précédé du prénom (vert)
    • A droite de filius on trouve les prénoms du père (rouge) puis le prénom et le nom de la mère. (bleu)
    • Si le prénom de l’enfant est illisible, on peut se reporter au prénom du parrain ou de la marraine qui en principe est le même (marron)

Troisième étape : renommer les fichiers

Une fois l’acte décrypté, il est nécessaire de le renommer afin d’avoir une liste de fichiers dont les noms correspondent précisément à son contenu. Pour faire cela, j’utilise la visionneuse Windows et le clic droit “Propriétés”.

L’application permet de nommer le fichier en utilisant les informations affichées à l’écran.

La méthode a un avantage important. Elle permet de renommer un fichier alors que celui-ci est ouvert, ce qui n’est pas possible avec une autre application. (Il faut créer un second fichier). De plus la visionneuse permet d’agrandir le document pour une meilleure lecture.

Personnellement, pour un baptême, je renomme les fichiers de la manière suivante : B- 1727 08 10 – Godin Ludovic fils d’Adrien & Marie Anne  Desrousseaux – Lille Esquermes.

  • B = Baptême
  • 1727 08 10 = Date au format anglais afin d’avoir un classement chronologique

Si le texte n’est pas lisible, je le nomme au mieux sans m’occuper d’éventuelles erreurs.

Le fait de copier tous les actes puis de les renommer comme expliqué ci-dessus va faciliter grandement la comparaison, le décryptage des orthographes et la reconstruction des familles.

 

Quatrième étape – Reconstruire les familles

Les fichiers étant maintenant tous nommés, ils apparaissent sous forme de liste dans l’explorateur de Windows, comme présenté ci dessous. Ils sont classés par actes puis par ordre chronologique.

Une fois tous les fichiers renommés, reconstruire les familles est un jeu d’enfant

La liste permet de repérer immédiatement les erreurs de transcription et de pouvoir les corriger, au besoin en réouvrant le fichier.

De plus, les dates constituent un ultime contrôle dans la cohérence du regroupement familial. Les baptêmes de frères et sœurs trop proches ou trop éloignés doivent être considérés avec méfiance.

La reconstruction des familles devient alors très facile à faire.

Chaque individu à sa propre méthode. Celle-ci n’entend pas se substituer à la vôtre, mais peut-être pourrez-vous y trouver une ou deux idées qui amélioreront la votre.

Jean-Claude

 

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Source :
- Les archives du Nord